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Nouvelles missions confiées à la MONUC par le Conseil de sécurité ... Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Nouvelles missions confiées à la MONUC par le Conseil de sécurité : favoriser la réconciliation nationale et le dialogue politique interne

31 décembre 2008. L’année 2008 s’apprête à tirer sa révérence tandis que l’année 2009 avance à grandes enjambées sans révéler les mystères que renferme ce saut dans l’inconnu que les humains ne peuvent décrypter qu’après coup.

Au Congo à démocratiser comme partout à travers la terre des hommes, le rêve partage est que l’année 2009 soit heureuse à chacun. Que le ciel l’entende, car même dans l’adversité due au déficit de leadership qui fait que leur pays navigue à vue, les Congolais continuent à espérer. Rien d’étonnant car, l’espoir fait vivre, dit-on ; et même en désespérant on espère toujours.

Quoi qu’il en soit, l’heure est au bilan et aux perspectives d’avenir.

Pour Congoone, laboratoire d’analyses sur la RDC, la tâche est facile s’agissant du bilan de l’année 2008. Car, il n’y a pas seulement de bilan à faire, ceux qui disposent de l’imperium à Kinshasa ayant limité leur action au verbe.

Pour un pays en guerre que d’aucuns, par cynisme, qualifient de post-conflit, la paix se fait toujours désirer. Des pans entiers du territoire national échappent au contrôle du gouvernement central et sont sous la coupe réglée de la rébellion du CNDP, des miliciens pro-gouvernementaux et même des FDLR qui opèrent parfois en supplétifs des troupes gouvernementales souvent défaillantes.

L’alliance troupes gouvernementales-FDLR donnant ainsi prétexte au CNDP de justifier sa rébellion au point qu’une certaine communauté internationale juge légitimes certaines revendications du mouvement politico-militaires dirigé par Laurent Nkunda Mihigo, certains Congolais n’hésitent à considérer à tort ou à raison que Joseph Kabila, Laurent Nkunda et Paul Kagame sont les maillons d’une même chaîne.

En effet, la gestion hasardeuse du dossier sécuritaire explique l’absence d’un quelconque bilan du gouvernement Kabila d’autant plus que les quelques moyens financiers générés qui auraient pu être affectés à l’amélioration des conditions de vie de la population sont détournés au profit d’une guerre absurde.

Aucun dessin n’est nécessaire pour réaliser que Kabila Kabange qui avait promis, après son élection de la manière que l’on sait, de ramener la paix par tous les moyens a mangé sa parole sans autre forme de procès, lui qui ne s’est pas offusqué il y a quelques mois à appeler les forces gouvernementales à résister face à l’agression. Curieux message du chef des armées qui sème le doute dans les esprits de bien d’ex-Zaïrois qui auraient bien voulu l’entendre appeler leurs concitoyens sous le drapeau à s’armer de courage pour que plus aucun centimètre du territoire national ne soit une zone de non droit.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que « les 5 chantiers du président de la République » aient rejoint « objectif 80 » et « plus rien ne sera comme avant » de Mobutu et « la guerre sera longue et populaire et va retourner d’où elle est venue de Laurent-Désiré Taratibu Kabila ka Makolo au cimetière des slogans.

Avec une belle pointe d’ironie, les Congolais qui n’ont rien vu venir ont ramené les fameux 5 chantiers à leur véritable proportion, celle de 5 sentiers. Et ils n’ont pas tort quand on sait que le chantier relatif aux infrastructures dont les voies de communication lancé au Katanga par la construction de l’autoroute Lubumbashi-Kasumbalesa a vu cette dernière se transformer en route. Simplement !

Le véritable chantier auquel le régime Kabila doit pourtant s’attaquer c’est celui que les Kinois ont nommé 6
e chantier, celle de la corruption qui gangrène la société congolaise. Trêve de commentaire ! Un tel chantier n’est pas encore à l’ordre du jour. PPRD oyée !

Sur le plan politique, en dépit des élections de 2006 qui auraient fait du Congo une démocratie, selon Louis Michel, l’ex-Zaïre n’est pas toujours un jardin où poussent les fleurs de la démocratie. Le pouvoir est encore et toujours au bout du fusil. Kabila Kabange ayant réussi à neutraliser Bemba Gombo par les armes, tous les politiques ont regagné les rangs du système, à commencer par ceux de l’opposition institutionnelle. A bout de souffle, l’opposition non institutionnelle s’apprête à son tour à regagner les rangs à travers les élections communales et locales, semble-t-il pour contrôler le pouvoir à la base.

Si ce n’est pas pour faire rire les vaches, comment dans un pays comme le Congo à démocratiser les administrateurs des territoires pourront-ils influer sur la gestion de l’Etat là où les gouverneurs des provinces qui ont des pouvoirs étendus leurs reconnus par la constitution dans le cadre de la décentralisation en sont encore et toujours à attendre des solutions de Kinshasa ? C’est dans ce contexte que se joue une tragi-comédie à l’UDPS à la suite de calculs politiciens effectués par ceux qui, manipulés par un ancien patron de la MIBA passé du mobutisme au kabilisme sans transition, espèrent une mort rapide de Tshisekedi en vue de leur accession à la mangeoire nationale. Pouah !

Une tutelle larvée !

Dès lors que l’opposition institutionnelle ne fait qu’accompagner la majorité kabiliste et que l’opposition politique avec l’UDPS comme locomotive ne semblent pas à la hauteur des enjeux, l’avenir est plus qu’incertain et l’horizon bien sombre d’autant plus qu’à travers une certaine assistance aux autorités congolaises par le biais de la MONUC, la communauté internationale a fini de manière insidieuse par mettre notre pays sous tutelle. Comme cela avait déjà été fait durant la transition post-dialogue intercongolais par le biais du Comité international d’accompagnement (CIAT).

Ce qui est curieux, c’est que de la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU (1856 du 22 décembre 2008), bien de Congolais n’ont retenu que le renforcement du mandat de la MONUC en vue d’utiliser tous les moyens en sa disposition pour protéger les civils. Pas de quoi pavoiser, car la belle MONUC avait déjà les moyens de sa politique lui conférer par une résolution précédente qui l’autorisait à recourir au Chapitre VII de l’ONU. Soit !

Seulement voilà : comme à travers le CIAT, cette fois c’est la MONUC qui se voit confier le rôle de gendarme et de conseiller auprès des Congolais qui sont de grands enfants.

C’est ainsi qu’au point 4 de la fameuse résolution du 22 décembre 2008, la MONUC se voit confier « le mandat de soutenir, en étroite collaboration avec les autorités congolaises, l’Equipe de pays des Nations Unies et les donateurs, la consolidation des institutions démocratiques et de l’Etat de droit et à cette fin de fournir des conseils en vue du renforcement des institutions et des processus démocratiques aux niveaux national, provincial, régional et local ». Autre mission confiée à la MONUC : « favoriser la réconciliation nationale et le dialogue politique interne y compris en offrant ses bons offices, aider à renforcer la société civile et la démocratie multipartite et apporter l’appui nécessaire au processus de Goma et de Nairobi ».

Il ne faut pas être un grand clerc pour saisir la portée de la mission supplémentaire confiée à la MONUC. En fait, en appelant à la réconciliation nationale, la communauté internationale reconnaît nul doute que cet objectif ultime défini par le Dialogue intercongolais n’a pas été atteint en dépit des élections de 2006 précédée par une transition qui portait les germes de la crise actuelle du fait que la même communauté internationale en avait fait une chasse gardée des belligérants qui se voyaient ainsi octroyer une prime de guerre.

En appelant également au dialogue politique, la communauté internationale vomit ce qu’elle a adoré hier et met en exergue la nécessité d’un réajustement politique qui ne peut se faire sans bousculer l’ordre institutionnel actuel.

Il ne reste qu’aux politiques de s’engouffrer dans la brèche et de transformer en énergie positive cette mise sous tutelle du Congo à démocratiser par le biais de la MONUC pour matérialiser le réajustement politique voulu par le Conseil de sécurité de manière à doter le pays d’un leadership responsable capable de saisir les enjeux au centre desquels se trouve le Congo.

De ce point de vue, en 2009, il y a raisons d’espérer. C’est l’unique perspective judicieuse.

Raymond LUAULA

 
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