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Deux démographes belges qui se sont penchés sur la surmortalité en République démocratique du Congo (RDC) durant les troubles de 1998 à 2004 chiffrent selon une hypothèse large le nombre total de victimes de ces guerres à 183.000 personnes, indique mercredi La Libre Belgique. André Lambert et Louis Lohlé-Tart sont deux des trois démographes experts auxquels la Commission européenne avait demandé de contrôler les procédures d'enregistrement des élections en RDC en 2005-2006. Ces chiffres, combinés à d'autres, leur ont permis de dresser une estimation "scientifiquement fondée" des décès en surnombre durant la guerre. Ils montrent ainsi que la totalité des décès de 1998 à 2004 à été de quelque 7,7 millions. Si on leur enlève les 4 millions de morts qui seraient dus à la guerre, cela signifierait que l'espérance de vie ces années-là aurait été de 60 ans, alors qu'elle stagne normalement autour de 42 ans. "Burlesque", jugent-ils. Admettant l'hypothèse large selon laquelle la guerre a touché l'entièreté de la Province orientale, des deux Kivu et du Maniema, du Katanga, des Kasaï et de l'Equateur, ils en concluent qu'au maximum 183.000 personnes auraient péri à cause de la guerre.
Les deux démographes précisent qu'il s'agit quoi qu'il en soit de morts "de trop". Enfin, l'étude de l'espérance de vie dans les provinces en paix plaide en faveur de l'idée selon laquelle les morts du Congo, même dans l'est du territoire, sont plus la conséquence de la déliquescence du régime Mobutu que celle de la guerre à l'est. Belga |