Quatre ministres du gouvernement seront bientôt interpellés par le Sénat à propos de la violation des droits de l’homme à Kinshasa. Le sénateur Omba a témoigné de l’existence durant la 2ème République, d’un cachot sous terrain à la cité de l’OUA II.
Le débat s’annonce houleux au Sénat à l’occasion de l’interpellation de quatre membres du nouveau gouvernement, suite à la question orale posée par le sénateur Djoli. La date du débat n’est pas encore fixée, mais la Chambre haute a déjà donné son feu vert en approuvant lundi dernier, l’initiative du sénateur Djoli.
A titre de rappel, ce dernier tient à s’enquérir de la situation sécuritaire à Kinshasa autour des arrestations et détentions illégales, des enlèvements et autres traitements inhumains ou dégradants sur la personne des officiers militaires et également de la Police nationale congolaise.
Bien que certains sénateurs aient voulu enrichir le texte de l’interpellation lors de la séance de lundi dernier, la plénière a opté pour le débat après la réponse des ministres en charge de l’Intérieur, de la Défense nationale, de la Justice et des Droits humains. Mais, le sénateur Omba qui est monté à la tribune, a fait un témoignage poignant confirmant l’existence pendant la deuxième République d’un cachot sous terrain à la cité de l’OUA II, à Kinshasa. En sa qualité d’officier supérieur de l’Armée nationale en cette période là, le sénateur Omba affirme avoir assumé ses fonctions dans ce cachot durant dix ans. Il a raconté à la plénière comment les détenus étaient expédiés à la mort à partir de ce cachot dont un jeune garçon d’une vingtaine d’années habitant la commune de Kintambo.
Selon le sénateur Omba, les cellules de ce cachot parallèle ressemblent à une véritable tombe, avec un couloir toujours plein. L’on doit donc s’attendre à d’autres témoignages aussi poignants de la part de plusieurs autres sénateurs.
Dans son texte, l’auteur de la motion parle de la détention des personnes « dans des cachots pirates notamment à l’aéroport de N’Djili, au camp Tshatshi, au camp PM du camp Kokolo, au cachot camp CETA, privées de contact avec l’extérieur, surtout avec leurs familles ».
A signaler que la question orale du sénateur Djoli comprend au total, une vingtaine de préoccupations, entre autres celle de savoir, quelle est la base juridique de ces détentions par les services de renseignements pour certains durant onze mois. Et quelles sont les mesures que vous avez prises ou vous comptez prendre pour sanctionner et faire cesser ces violations graves de la loi ?
Stephane Etinga