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Kengo dans l’oeil du cyclone Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Difficile de dire si l’insolente élection, en 2007, de Léon Kengo wa Dondo à la tête du Sénat fait toujours mal à ses adversaires politiques. Une chose est en tout cas sûre : l’homme se trouve bel et bien dans l’œil du cyclone.C’est la lettre d’un sénateur adressée au bureau de la chambre haute pour exiger des éclaircissements sur la gestion des finances du Sénat qui a sonné l’hallali. Du coup, nombreux sont ceux qui ont espéré que l’ancien Premier Ministre avait fini par tomber dans le piège, que des cadavres nauséabonds sortiraient des placards du Sénat pour justifier tout le mal qu’on pouvait penser et dire de lui.La réponse n’a évidemment pas tardé. Dans une séance à huis clos, la semaine dernière, l’assaut a été démonté pièce par pièce, l’auteur de la lettre finissant par présenter ses excuses. Il reste à savoir si l’exercice a suffi à décourager les tireurs de ficelles. Dans la situation de turbulences que traverse notre pays, tout observateur averti sait que Léon Kengo wa Dondo sera toujours la cible privilégiée de ceux qui estiment que sa brillante élection à la tête du Sénat constituait une sorte de crime de lèse-majesté. Une véritable aberration dans une démocratie.

On peut citer la campagne feutrée qui a récemment présenté Léon Kengo comme proche des thèses rwandaises, si elle ne disait pas, carrément, qu’il était soutenu par le régime rwandais. Une autre campagne de dénigrement a laissé croire que sa notoriété dans les milieux des institutions financières internationales comme son impressionnant carnet d’adresses faisait de lui l’homme de l’étranger. Il n’empêche que Kengo wa Dondo a de l’étoffe et qu’il en a vu d’autres. D’abord tout au long de la IIème République. Celui qui est généralement présenté comme un mobutiste pur et dur est aussi celui qui, tout en oeuvrant à l’époque pour aider le pays à renouer avec les institutions financières internationales, a été régulièrement vilipendé, sa politique de rigueur, pourtant toujours d’actualité jusqu’aujourd’hui, tournée en dérision.

Ensuite, plusieurs fois Premier ministre, membre du Bureau politique ou du Comité Central, ou encore Procureur général de la République, Kengo wa Dondo, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, est l’un de ces rares Congolais dont la rigueur intellectuelle et morale, l’organisation et la discipline ont toujours impressionné aussi bien ses propres compatriotes que ses visiteurs ultramontains. Pourtant, dans cette période de complotite aiguë, où des têtes tombaient pour un oui ou un nom, ou pour manquement à la discipline du parti, Kengo s’en était toujours tiré sans égratignure avant d’être rappelé chaque fois qu’il fallait redresser les finances du pays et relancer la coopération avec les partenaires extérieurs. Que cet homme qui a traversé mers et tempêtes, qui a eu sous sa puissante poigne les finances du pays et s’en soit toujours sorti avec les félicitations de nos principaux partenaires, cet homme dont on connaît l’expérience et la prudence, cet homme qui sait à quel point il n’est pas toujours en odeur de sainteté dans certains milieux politiques de Kinshasa, en vienne à se salir dans des malversations et soit interpellé sur la gestion financière du Sénat étonnerait beaucoup de gens, même parmi ceux qui ne le portent pas nécessairement dans leurs cœurs.

Sans doute que l’homme fait peur parce qu’il a une extraordinaire connaissance de l’appareil de l’Etat congolais et de notre personnel politique depuis plusieurs décennies, de la même manière que son carnet d’adresses impressionne. Raison pour laquelle, pour ceux qui souhaitaient le coincer sur quelque indélicatesse, une campagne de dénigrement n’était pas la voie la mieux indiquée. Plusieurs mécanismes existent pour cela, à commencer par le contrôle parlementaire. Au lieu de cela, on a plutôt assisté à une campagne de dénigrement d’autant plus surprenante que ce n’est sans doute pas sur les finances du Sénat qu’on pourrait espérer coincer un homme comme Kengo. Pire, on a entendu même des insultes à la limite de l’acceptable, quand bien même elles ne peuvent rien changer. Un homme politique qui s’est publiquement étonné de ces méthodes a rappelé cette déclaration de François Mitterrand qui, semble-t-il, fait aussi les délices de Kengo wa Dondo : « La calomnie dévoile un terrible désarroi chez ceux qui s’y adonnent. Quand ils en arrivent là, c’est qu’ils sont perdus, qu’ils le savent et qu’ils perdent la tête. Les mots pour eux n’ont plus de sens. Il ne leur reste plus que l’injure. Plus tard, quand on aura le temps, on prendra pitié d’eux ».

KGM

 
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