|
Dans un camp de déplacés près de la ville de Mugunga, dans l'Est de la République démocratique du Congo. Selon Amnesty International, les casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo devraient mieux assurer leur tâche de protection des populations civiles du Kivu vulnérables aux meurtres et aux viols. (Reuters/Peter Andrews) Les casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc) devraient mieux assurer leur tâche de protection des populations civiles du Kivu vulnérables aux meurtres et aux viols, a estimé vendredi Amnesty International. Dans un rapport s'appuyant sur des enquêtes menées au Nord-Kivu, théâtre depuis quatre mois d'une rébellion armée, AI accuse également l'armée gouvernementale d'avoir perdu le contrôle d'unités entières qui "se sont livrées pendant une semaine à une orgie de pillages" accompagnées de viols et de meurtres. Depuis le mois d'août, les rebelles tutsis du général renégate Laurent Nkunda ont mis en déroute l'armée de Kinshasa et conquis de vastes portions de cette province, jetant sur les pistes quelque 250.000 civils déracinés. L'ONG de défense des droits de l'homme affirme avoir reçu des allégations selon lesquelles des dizaines de civils - essentiellement des hommes - ont été tués par les hommes de Nkunda, ce que réfute ce dernier. D'après AI, des viols, des fusillades et des pillages ont été régulièrement signalés dans des camps de déplacés installés aux environs de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Ces actes "sont le plus souvent attribués aux militaires gouvernementaux", précise Amnesty. "Des informations glanées de première main par Amnesty International donnent à penser que des crimes de guerre et de graves violations des droits de l'homme sont commis dans les zones de conflit du Nord-Kivu", ajoute AI, pour qui un renfort des effectifs de la Monuc - 17.000 casques bleus aujourd'hui, 20.000 à terme - est "impératif et urgent". "La protection par la Monuc n'est pas la règle, mais l'exception', a déploré devant des journalistes Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty. "Les communautés vivent et fuient dans une peur extrême". Lors d'une conférence de presse distincte, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, a reconnu des insuffisances, tout en émettant l'espoir que les 3.000 soldats et policiers internationaux dont le Conseil de sécurité a récemment approuvé l'envoi en RDC permettront d'améliorer la sécurité. "Je regrette que nous n'ayons pas été en mesure de protéger convenablement les civils dans la région. La Monuc fait et continuera à faire de son mieux, en mobilisant toutes les ressources et le pouvoir nécessaires pour protéger les civils de la région", a-t-il dit. Reuters
|