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Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, s'est montré sceptique jeudi sur les chances de succès du dialogue politique entre Kinshasa et la rebellion de Laurent Nkunda.
"Je doute qu'une solution politique puisse être durable", a-t-il dit à l'issue de discussions entre avec ses homologues européens sur l'envoi de troupes européennes à l'est du Congo. Le ministre, qui plaide depuis plusieurs semaines pour une solution militaire passant par le renforcement des troupes internationales de maintien de la paix, a répété jeudi soir l'importance que revêtrait à ses yeux un tel déploiement.
Il s'agirait de sécuriser la région de Goma, notamment les grands axes routiers, mais aussi empêcher les troupes de Laurent Nkunda de pousser vers Bukavu, un mouvement qui "aurait des retombées considérables", a-t-il expliqué. La force aurait également pour mandat de sécuriser l'aide humanitaire. M. De Gucht a souligné que les pays européens commençaient à prendre conscience de la nécessité d'un déploiement militaire.
Il existe "une conscience que quelque chose devra être fait", a-t-il dit, avant d'estimer un peu plus tard que l'accent mis sur la dialogue politique pourrait se révéler contre-productif, en "diminuant le sentiment d'urgence pour l'envoi de soldats". Le ministre est par ailleurs resté vague sur les diverses options examinées, lesquelles feront l'objet de nouvelles consultations la semaine prochaine au Comité de Politique et de Sécurité (COPS) de l'UE.
Selon une source diplomatique, un renforcement en troupes de la mission des Nations Unies au Congo (MONUC) et le déploiement de militaires sous un étendard européen figurent parmi les possibilités envisagées. Une mission proprement européenne pourrait prendre la forme d'un groupement tactique - un bataillon de 1.500 hommes à déploiement rapide prévu dans les structures de la défense européenne - ou d'une force multinationale ad hoc comprenant, outre les soldats promis par la Belgique, les troupes de pays acceptant d'y participer. La Finlande, la Suède et l'Espagne sont pressentis pour apporter une contribution.
D'autres pays, comme la France et l'Allemagne sont par contre résolument opposés à envoyer leurs militaires au Congo. Les combats ont repris fin août dans le Nord-Kivu entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée gouvernementale alliée à divers groupes armés, qui ont jeté plus de 250.000 personnes sur les routes. Les combats ont diminué en intensité ces dernières semaines mais des affrontements sporadiques se poursuivent.
Un dialogue direct a commencé lundi à Nairobi entre des deux camps sous l'égide de l'envoyé spécial de l'ONU pour la RDC, l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo. Le commissaire européen à l'aide humanitaire, Louis Michel, participe activement à la médiation. belga/mb |