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Cinq combats à la place des cinq chantiers Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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La situation dramatique que traverse la République Démocratique du Congo pourrait durer car, chaque jour qui passe apporte son lot de facteurs aggravants. À ce jour d’après les éléments à notre possession, le Congo vit au rythme de cinq combats réels correspondent aux cinq chantiers promis par le président Kabila au peuple congolais. Cinq combats qui auraient un même soubassement : le sous-sol congolais.

Pourquoi le sous-sol congolais pose t-il problème ?

Nous vivons la réfondation du capitalisme sachant que l’économie mondiale est basée sur ce système. Cette réfondation est automatiquement celle de l’économie. Or, avec le changement des méthodes et compte tenu de l’évolution technologique qui reste un élément essentiel dans l’économie, parmi les éléments principaux qui font peser la technologie dans l’économie, on parle de la communication du temps moderne. Nous citons ici les nouveaux modes de communication notamment le système de téléphonie fixe, la téléphonie mobile ainsi que l’informatique et surtout Internet.

Dans le développement de ces nouvelles technologies, il y a une pièce maîtresse, soit la matière de base : il s’agit du coltan qui provient de la RD Congo, qui sert à produire le tantale, un métal précieux qui entre dans la fabrication notamment des puces électroniques pour le téléphone et les condensateurs pour ordinateurs. Toujours dans l’informatique, il y a aussi de l’or dont regorge également le sous sol-congolais, sans oublier l’étain pour ne citer que celles-là. Ces richesses du sous-sol congolais sont tellement convoitées que les industriels se battent pour se positionner et prendre le contrôle des zones qui les renferme et nous allons le démontrer dans les lignes qui vont suivre.

Le premier combat

Il s’agit ici d’une guerre de leadership entre les héritiers de Paul Kagamé, le président du Rwanda, nous citons Laurent Nkunda chef terroriste et de son « frère et ami», Joseph Kabila, l’actuel président de la RD Congo.

Comment sommes – nous arrivés à comprendre l’enjeu ?

En suivant de près toutes les déclarations faites par Laurent Nkunda, on constate que, nulle part, il ne s’attaque aux Congolais. Par contre, il est on ne peut plus clair dans ses propos pour dire que sa guerre est « contre Kabila qui le nie et ne veut pas le reconnaître. » Et il donne toutes les preuves de leurs collaborations allant jusqu’ à affirmer lui avoir sauvé la vie à Kisangani au prix même de sa propre vie. À noter que tous les deux sont issus du FPR Front patriotique rwandais qui était le mouvement de rébellion conduit par Paul Kagamé. D’ailleurs ils sont présentés comme deux généraux mais aux styles différents. Dans cette lutte ce sont évidemment les Congolais qui paient le prix et c’est leur sang qui coule et arrose les montagnes de l’Est.

Le deuxième combat

Dans cette phase, le combat prend une autre forme qui n’a rien à avoir avec les Congolais car ce sont les Rwandais qui se battent mais sur le terrain congolais. Nous savons tous que lors de l’assassinat du président Habyarimana et la prise du pouvoir par le FPR de Paul Kagamé, les partisans du régime déchu se sont en grande partie exilés en RD Congo notamment à la demande de la France et cela dans le cadre de l’opération Turquoise.

On sait aussi qu’il s’agit d’un groupe composé d’une branche politique et d’une branche militaire. Et le régime Kagamé sait qu’ils sont minoritaires et qu’ils finiront par retourner dans leur pays. Pour empêcher ce retour d’une manière organisée, le voilà engagé dans une guerre préventive, en violation du droit international et de la souveraineté du voisin, le Congo où il se permet de traquer ses « ennemis » en se servant de ses frères de la même tribu naturalisés Congolais. Cela se justifie dans les déclarations de Laurent Nkunda qui se veut le défenseur de la minorité tutsi contre les FDLR dites « les forces négatives hutu ».

En réalité il s’agit donc d’une guerre rwando-rwandaise mais qui se déroule sur le sol congolais faisant couler du sang congolais, pour dire que la consolidation du pouvoir de Paul Kagamé se réalise au prix du sang congolais.

Le troisième combat

À ce stade nous sommes sur un terrain où, face à l’abandon et l’ambigüité du Président Kabila à faire la guerre contre son propre camp, celui de Laurent Nkunda et les siens, les autochtones se lèvent pour s’auto prendre en charge et se défendre comme ils le peuvent contre l’envahisseur rwandais du régime Kagamé.

Ces autochtones sont nommés les maï maï considérés et présentés comme des milices. En réalité, ce sont des jeunes en colère à la fois contre le gouvernent du pays suite à l’abandon, alors que le pays est doté d’une armée nationale, qui a d’ailleurs été active au Bas Congo lors des événements de Bundu dia Kongo, et à l’Est face à Laurent Nkunda. Une armée aujourd’hui affaiblie, mal équipée et surtout inactive.

Le quatrième combat

À ce point, les choses prennent une autre dimension. En d’autres termes, l’affaire commence à atteindre les grands de la planète et ceci se traduit par une guerre entre les Anglophones et les Francophone. Au fait, depuis la nuit des temps, le Rwanda a toujours été francophone ; mais, avec l’avènement du FPR en provenance d’Ouganda, qui est un pays anglophone, l’élan s’est imposé au pays. Au point de voir le Rwanda se retirer de la Francophonie pour aller rejoindre le Commonwealth qui est une structure britannique et qui, automatiquement, démontre l’implication de Londres au profit du Rwanda. Ce qui, en soi, n’est pas mal sauf qu’en réalité on assiste à l’exploitation malhonnête du sous-sol congolais par le biais de Laurent Nkunda. Les divers reportages de France 24 en donnent les signaux : par crainte de voir le Rwanda influencer la RD Congo, les grands s’y battent pour défendre chacun ses intérêts.

Le cinquième combat

Dans cette dernière phase on voit carrément la guerre de repositionnement économique à ciel ouvert : il s’agit bien d’un conflit engagé par l’Occident contre l’Asie. Le revirement des pays du tiers monde vers l’Asie, en particulier la Chine, inquiète les Occidentaux, surtout sur leurs terrains traditionnels. Et le mécontentement occidental se fait sentir par les diverses pressions exercées sur leurs alliés traditionnels. Curieusement, tous les terrains où la Chine occupe de l’espace deviennent des terrains à problème. Les exemples les plus directs sont la RD Congo et le Soudan. Les Congolais paient un lourd tribut et beaucoup d’entre eux se retrouvent aujourd’hui réfugiés sur leur propre territoire. Cela doit cesser !

Augustin Mukamba, correspondance particulière

 
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