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Difficiles négociations à Nairobi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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La paix en République démocratique du Congo se joue depuis hier lundi à Nairobi avec les négociations entre les représentants du Gouvernement et la rébellion armée, le CNDP. Il est difficile de prédire l’issue de ces discussions. Mais si l’on tient compte de dernières déclarations avant l’ouverture des travaux, la partie s’annonce difficile. Il revient aux facilitateurs de la Communauté internationale de bien jouer pour parvenir à une solution satisfaisante.

Nairobi, capitale du Kenya, accueille depuis hier les pourparlers entre les représentants du Gouvernement et la délégation de la rébellion armée, jusque-là représentée par le Congrès national pour la démocratie et le progrès, CNDP, de Laurent Nkunda. Les deux délégations sont arrivées depuis dimanche dans la capitale kenyane. La partie gouvernementale est conduite par Raymond Tshibanda, ministre en charge de la Coopération internationale et régionale. Le CNDP a, à sa tête, Bertrand Bisimwa, porte-parole du CNDP. Il est secondé par Serge Kambasu, secrétaire exécutif adjoint et René Abandi, commissaire en charge des Relations extérieures.

C’est à 14h00, heure locale, que les entretiens ont débuté, au siège des Nations Unies à Nairobi sous la présidence de l’émissaire de l’Onu, le général Olusegun Obasanjo. Dans sa première déclaration à la presse, il a tenu à souligner qu’il s’agit « d’une opportunité à ne pas perdre ni à gâcher ». Menace ou peur d’un échec ? Déclaration qui résume toute la difficulté de ces entretiens, mais la raison profonde de cette rencontre qui doit absolument aboutir à un compromis en vue de ramener la paix en République démocratique du Congo. Une exigence. Car, au-delà, c’est la paix dans toute la région des Grands Lacs.

Dans un premier temps, il s’agit de formaliser le cessez-le feu pour ensuite le consolider. Et ce avant d’aborder des points politiques et sécuritaires. Aussi, la journée d’hier lundi devrait être consacrée à l’adoption d’un calendrier de discussions et se convenir de certains points à éclaircir.

Des divergences persistent

Si de nombreux observateurs attendent voir les participants à cette rencontre entrer dans le vif du sujet, ils ont enregistré au moins une première note de satisfaction : ce face-à-face entre la délégation de Kinshasa et le CNDP.

Mais aussitôt, reconnaissent-ils que les divergences persistent. En effet, selon les milieux proches du Gouvernement, il s’agit d’écouter les préoccupations du CNDP pour voir comment apporter des réponses satisfaisantes.

Entre-temps, Kinshasa a promis de saisir cette opportunité pour attendre du CNDP la reconnaissance des institutions issues des élections avant d’entamer des discussions dans le cadre du Programme Amani. C’est dire que Kinshasa n’entend nullement transiger avec l’ordre constitutionnel en place.

Pour le CNDP, il n’est pas question du Programme Amani qui, pour la rébellion armée est devenu caduc. « Kinshasa peut discuter avec qui il veut, mais pas avec le CNDP dans le cadre du Programme Amani », ne cesse de répéter le porte-parole de ce mouvement. Et comme pour afficher clairement les ambitions politiques du CNDP, Bertrand Bisimwa rajoute : « Nous avons un problème de leadership. Le régime actuel a échoué. Il faut refonder l’Etat et la nation congolaise. Nous pensons que cela doit passer par un gouvernement d’union nationale auquel nous participerions ».

La cassure est nette. Les divergences sont profondes et la tâche s’annonce difficile pour la facilitation internationale. Il faudra alors plus de doigté pour briser la quadrature du cercle en vue de faire triompher les intérêts supérieurs de la Nation. Car, cette dernière exigence passe pour inacceptable par Kinshasa.

D’autres groupes armés : un autre obstacle

En plus de cette divergence profonde, du point de vue politique qui consiste à remettre en cause l’ordre constitutionnel actuel, la taille des délégations et la présence des autres groupes armés posent problème. En effet, l’une des questions fondamentales est celle de savoir si les personnes présentes à Nairobi sont à même de gagner la confiance de l’une ou l’autre partie. Ont-elles reçu mandat de discuter de toutes les formes de questions ou d’enregistrer tout simplement les exigences avant d’en faire rapport aux décideurs ? C’est la question fondamentale. Si la deuxième hypothèse s’impose devant la première, il est acquis que l’on est bien parti pour de nombreux rounds de négociations.

Le deuxième obstacle est la présence des représentants des autres groupes armés. Selon le porte-parole du gouvernement, le ministre Lambert Mende, le gouvernement s’en tient à une solution globale pour ne plus parler de groupes armés. Ce qui explique la présence d’une vingtaine d’invités des groupes armés du Kivu à Nairobi. Pour éviter une spirale de négociations.

Mais le CNDP rejette cette proposition et menace. Si les autres groupes armés sont acceptés pour participer à ces discussions, il quittera sur le champ Nairobi et tirer toutes les conséquences qui s’imposent. Pour le CNDP, seules «  les négociations directes entre le Gouvernement et le CNDP  comptent. Pas question de tolérer d’autres milices ». Pression du CNDP sur les négociations, plaçant ainsi la barre haut ?...

Autre divergence profonde qui souligne, si besoin en est encore, le caractère difficile de ces négociations de Nairobi.

Le Potentiel

 
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Mouvement d'Action pour la Démocratie et la Paix