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Manifestation à Bruxelles devant le siège de la Commission européenne Les ministres de l'UE apparaissent divisés sur l'envoi de troupes destinées à épauler la force de maintien de la paix de l'Onu en République démocratique du Congo. (Reuters/Sebastien Pirlet) Les ministres de l'Union européenne apparaissent divisés sur l'envoi de troupes destinées à épauler la force de maintien de la paix de l'Onu en République démocratique du Congo. La Belgique prône une mission "relais" tandis que la Grande-Bretagne préconise qu'elle vienne renforcer la Monuc. Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a demandé vendredi l'envoi d'une force intérimaire de l'UE, expliquant qu'il faudrait jusqu'à six mois à l'Onu pour déployer 3.000 hommes supplémentaires en renfort des 17.000 soldats de la Monuc déjà présents. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ne sont parvenus à aucune décision et ils ont chargé le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, et la Commission européenne de préparer une réponse à la lettre de Ban Ki-moon, a rapporté un responsable européen. L'idée d'une mission de l'UE est dans l'air depuis plusieurs semaines, mais le bloc a été réticent à engager des troupes et les perspectives se sont encore éloignées la semaine dernière lorsque la Belgique a dit ne pas être prête à en prendre la tête. Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a déclaré avant l'ouverture des discussions que le déploiement d'urgence d'une mission "relais" de 2.500 à 3.000 homme était nécessaire. "Il faudra entre quatre et six mois avant que les forces supplémentaires de la Monuc arrivent et la situation humanitaire est dramatique", a-t-il expliqué à la presse.
"L'EUROPE DOIT ÊTRE EFFICACE" Le secrétaire au Foreign Office, David Miliband, a affirmé de son côté que renforcer la Monuc était une priorité. "Notre position a toujours été la suivante : (...) l'Onu s'est engagée à augmenter les effectifs de la Monuc, de sorte que la première chose à faire pour les pays est de voir" ce qu'ils peuvent ajouter à la force de l'Onu, que ce soit au niveau opérationnel ou de planification, a dit Miliband.. Deux "groupes de combat" de l'UE se tiennent prêts à tout moment pour des missions. L'un d'entre eux, qui se tient prêt jusqu'à la fin de l'année, est britannique, l'autre est dirigé par l'Allemagne avec des contributions française, espagnole, belge et luxembourgeoise. A compter du 1er janvier, l'Italie dirigera un groupe comportant des forces espagnole, portugaise et grecque et la Grèce dirigera l'autre groupe, avec des forces bulgare, chypriote et roumaine. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a déclaré qu'il était trop tôt pour dire si son pays serait prêt à participer à un groupe de combat, mais il a ajouté que certains pays réclameraient un tel déploiement et qu'il était prêt à en discuter. "Une chose est très claire : l'Europe doit être efficace. Nous ne pouvons rester aussi inactifs que nous le sommes maintenant", a-t-il dit à des journalistes. Javier Solana a déclaré que les ministres discuteraient de l'appel de Ban, tout en ajoutant : "Permettez-moi aussi de vous dire que la situation sur le terrain s'améliore légèrement, et aussi politiquement." L'Onu souligne que les combats au Congo ont provoqué une catastrophe humanitaire et des ONG ont reproché à l'UE de n'avoir pas envoyé de troupes. "Pendant un mois, on a entendu toutes les excuses possibles de l'Europe pour ne pas envoyer de forces épauler la force de maintien de la paix de l'Onu", s'est insurgée Elise Ford, qui dirige le bureau d'Oxfam International à Bruxelles. "Sans une force professionnelle adéquate soutenant les casques bleus de l'Onu pour offrir des mesures de sécurité à la population, les meurtres, viols et pillages se poursuivront sans relâche. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés". Reuters |