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Des troupes au Congo ? La Belgique hésite Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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La Belgique est invitée à répondre pour vendredi, le 5 décembre, à une demande des Nations unies de participer à une éventuelle force de jonction en République démocratique du Congo (RDC).

Sollicitée par l’ONU, la Belgique hésitait encore dimanche à participer militairement à une éventuelle force-relais dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) – une opération délicate en raison de la complexité de la situation sur place et des relations troublées avec l’ancienne colonie –, même si le Premier ministre Yves Leterme a promis une réponse dès vendredi et reçu le soutien des partis flamands.

Dans les temps

En visite au Liban, M. Leterme (CD&V) a indiqué que son gouvernement était invité à répondre pour le 5 décembre à une demande des Nations Unies de participer à une éventuelle « bridging force » (force de jonction ou force de relais) au Nord-Kivu, théâtre d’affrontements depuis trois mois entre l’armée congolaise et la rébellion du général tutsi Laurent Nkunda qui ont jeté sur les routes des centaines de milliers de personnes.

« On donnera la réponse dans les délais nécessaires », a précisé le chef du gouvernement à Tebnine (sud du Liban) où il était allé se rendre compte du travail effectué par les Casques bleus belges de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).

A Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a rappelé que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était favorable à l’envoi d’une force européenne dans l’est de la RDC en attendant le renfort promis de près de 3.000 Casques bleus pour la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), qui n’arriveront que dans plusieurs mois.

M. De Gucht (Open Vld) a une nouvelle fois plaidé à la VRT pour l’envoi d’une force de 2.000 à 3.000 hommes bien entraînés et bien armés pour une période limitée, avec des règles d’engagement robustes, espérant le ralliement de trois ou quatre pays européens à cette idée, évoquée lors d’une rencontre mardi à New York avec M. Ban.

« Il faut examiner quel rôle en particulier pourrait jouer la Belgique », a souligné M. Leterme.

Un équilibre à respecter

Les questions à cet égard restent nombreuses et complexes, a expliqué le Premier ministre, soulignant qu’il s’agissait dans le chef de la Belgique de respecter « l’équilibre » entre « la prise de responsabilité » vu la crise humanitaire au Congo et la « prudente sécurité de nos hommes ».

La demande de l’ONU va en effet bien au-delà des efforts que le gouvernement s’était dit prêt fin novembre à faire pour renforcer la MONUC et qui ne concernaient qu’une aide logistique – principalement du transport aérien – et en moyens de renseignement, ainsi qu’éventuellement en assistance à la formation des Forces armées de la RDC (FARDC, l’armée gouvernementale), désorganisée par plusieurs défaites face à la rébellion du Laurent Nkunda.

M. De Gucht a déjà indiqué qu’il comptait mettre à profit trois réunions ministérielles (celle de l’OTAN mardi et mercredi à Bruxelles, la signature d’un accord interdisant les bombes à sous-munitions mercredi à Oslo et la conférence annuelle de l’OSCE jeudi et vendredi à Helsinki) pour tâter les intentions de ses partenaires européens, et en particulier la présidence française de l’Union européenne.

Fin octobre, la France, soutenue par la Belgique, avait déjà proposé d’envoyer une force humanitaire au Nord-Kivu en appui aux Casques bleus de la MONUC.

Mais cette option n’avait pas été retenue par les Vingt-Sept, du fait de refus de plusieurs pays, dont l’Allemagne. Ils avaient préféré se concentrer sur le travail humanitaire, le soutien à la MONUC et les efforts de médiation politique.

Le débat sur une éventuelle participation militaire belge au Congo devrait donc s’accélérer dans les prochains jours au sein du gouvernement et du Parlement.

Il portera notamment sur la révision de la cinquième recommandation de la Commission Rwanda qui préconise de renoncer à l’envoi de troupes de combat dans les anciennes colonies pour des opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU après la mort de dix Casques bleus belges le 7 avril 1994 à Kigali.

De plus en plus de voix se font entendre en faveur d’une révision de cette recommandation. « De toute façon, on ira au Parlement », a confirmé dimanche M Leterme.

Vu la demande de l’ONU, ce débat pourrait se tenir dès la semaine prochaine.

Charles Michel favorable

S’exprimant « à titre personnel », le ministre de la Coopération, Charles Michel (MR), se dit pour sa part favorable à une telle opération.

La plupart des partis flamands se sont exprimés en faveur de l’envoi de militaires belges dans l’est du Congo, mais après un débat au parlement et moyennant un mandat robuste. La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, s’est ainsi réjouie dimanche de la réponse positive qu’est, selon elle, prêt à donner M. Leterme à la demande de l’ONU de participer à une « force de jonction » en RDC.(D’après Belga)

Congo : Les partis disponibles mais un PS très prudent

La Belgique doit se montrer disponible à envoyer des militaires dans l’est du Congo, estiment les partis francophones, à l’instar des partis flamands. La prudence est toutefois de mise au PS. Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a rappelé dimanche que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était favorable à l’envoi d’une force européenne dans l’est de la RDC en attendant le renfort promis de près de 3.000 Casques bleus pour la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), qui n’arriveront que dans plusieurs mois.

En visite au Liban avec le premier ministre Yves Leterme, le ministre de la Coopération, Charles Michel (MR), s’est dit favorable, à titre personnel, à une telle opération.

Lundi, interrogé sur Bel RTL, il a plaidé pour une révision de l’une des recommandations de la Commission Rwanda qui préconise de renoncer à l’envoi de troupes de combat dans les anciennes colonies pour des opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU, après la mort de dix Casques bleus belges le 7 avril 1994 à Kigali.

« Indépendamment du débat immédiat qui se pose sur la question du Congo, je pense qu’à terme on devra lever cette condition. Si la Belgique veut être crédible sur le plan diplomatique, on ne peut pas se contenter de dire ’il faut des moyens, y compris des moyens en hommes’ et dire à chaque fois ’ce sont les autres qui doivent le faire’ », avait-il déclaré.

Le président du FDF, Olivier Maingain, s’exprimant dimanche lors d’un congrès de son parti, estime quant à lui que la Belgique ne peut refuser d’apporter sa contribution à la mise en place d’une force internationale pour venir en aide aux populations du Congo.

« La situation insupportable des populations de cette région est comparable à celle qu’ont vécue les populations en ex-Yougoslavie. Nous ne pouvons accepter la passivité de la communauté internationale. Les conclusions de la commission d’enquête sur le drame rwandais ont peut-être amené la Belgique à être trop prudente », a-t-il dit.

Pour lui, il serait « malvenu » de ne pas répondre avec attention à la demande, mais cela dépendra aussi de la réaction des autres nations par rapport à l’appel des Nations Unies.

« Refuser de prendre ses responsabilités reviendrait à faire reposer sur des Etats moins prospères au sein des Nations Unies, le poids de la recherche de l’apaisement. L’Europe et les pays développés ne peuvent s’y soustraire », a-t-il insisté.

Deux parlementaires CDH, Georges Dallemagne et Jean-Paul Procureur, ont déposé lundi une proposition de résolution amendant cette recommandation de la Commission Rwanda.

Ils estiment eux aussi qu’il est difficile pour la Belgique de plaider sur la scène internationale en faveur d’un renforcement de la MONUC tant qu’elle ne pourra pas annoncer sa disponibilité à y participer.

« Il s’agit aussi de pouvoir renforcer la crédibilité de l’action diplomatique de la Belgique dans les débats à Bruxelles, à New York et à Genève qui touchent à la situation dans la région des Grands Lacs », ont-ils souligné.

« Depuis longtemps, nous demandons de revoir la recommandation de la Commission Rwanda », a rappelé dimanche la coprésidente d’Ecolo, Isabelle Durant.

Comme les autres partis, il importera, insiste-t-elle, d’analyser attentivement le mandat de la force à laquelle des troupes belges participeraient. « J’espère qu’une force européenne se mettra en place en complément de la Monuc avec des soldats belges », a-t-elle ajouté, évoquant la crédibilité de la Belgique dans ce dossier.

Le PS se montre le plus prudent. « Il faut traiter cette question avec prudence et en toute transparence. Il convient d’abord de voir ce qu’a demandé l’ONU, avec précision », a expliqué dimanche le député André Flahaut.

L’ancien ministre de la Défense se montre favorable à une réponse européenne, semblable à l’opération Artémis en 2003. Selon lui, il conviendra également de répondre à une série de questions : la Belgique dispose-t-elle de suffisamment d’hommes eu égard aux missions internationales auxquelles elle participe déjà, quelle sera la logistique nécessaire ainsi que le budget qu’il faudra dégager, sachant que le cadre budgétaire actuel est déjà insuffisant ? Il conviendra aussi de consulter les autorités congolaises ainsi que les autres pays qui fournissent des contingents à la MONUC.

« Ce n’est pas une question à laquelle on répond par oui ou par non, en improvisant », a-t-il conclu.

Comme les partis flamands, les partis francophones ont réclamé un débat au parlement sur cette question.

Belga

 

 
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