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On ne peut marcher impunément sur les plates bandes de Karel De Gucht, ministre belge des Affaires étrangères. Pour ne l’avoir pas compris, la galaxie Michel (l’expression est empruntée gracieusement à Elio Di Rupo) se trouve dans le champ de mire du ministre libéral flamand. Comme on pouvait ne pas s’y attendre, le Congo à démocratiser est au cœur de l’escalade verbale entre les Michel et De Gucht. Un quotidien belge affirmait d’ailleurs la semaine dernière que Karel De Gucht avait perdu le Congo qu’aurait gagné Charles Michel, le fils de Louis. Lors d’une sortie médiatique sur la RTBF, il y a quelques jours, le père commissaire européen n’avait pas boudé son plaisir de voir son fils de ministre de la Coopération au développement œuvrer pour la normalisation entre Bruxelles et Kinshasa en ramenant au premier ministre Yves Leterme une lettre de Joseph Kabila Kabange rencontré « par hasard » à Kinshasa à la suite d’une escapade à Goma. Le père Michel ne s’était pas arrêté en si bon chemin en applaudissant des mains et des pieds son fils. Tout en disant vouloir continuer son travail à l’Europe où il dispose d’un important réseau, Louis Michel n’avait pas exclu la possibilité de revenir sur la scène politique belge pour occuper le poste non vacant de ministre des Affaires étrangères. Voilà des faits et gestes de nature à faire bondir De Gucht qui n’est pas un enfant de choeur et qui n’a pas usurpé sa réputation de tonton flingueur. Dans une interview accordé ce mardi 18 novembre au quotidien De Morgen, le ministre belge des Affaires étrangères règle ses comptes avec les Michel en qualifiant de déloyal son collègue chargé de la Coopération au développement qu’il ne s’offusque pas de traiter d’inefficace et d’incompétent. Et pour cause, sa rencontre avec Kabila à Kinshasa qui a fait dire à d’aucuns que De Gucht avait perdu le Congo n’a servi à rien selon le chef de la diplomatie belge qui souligne que la fameuse lettre de Kabila à Leterme aurait du être expédiée par valise diplomatique. A son prédécesseur qui ambitionne de lui succéder, au point que les Affaires étrangères et la Coopération au développement seraient la chasse gardée de la « galaxie Michel », Karel de Gucht conseille simplement de rester sur le terrain européen. Division du travail oblige ! Louis Michel continuant à affirmer, contre tout bon sens, que le Congo de Kabila est une démocratie tout en mettant en relief l’inexistence de l’Etat, Karel de Gucht relève avec une belle pointe d’ironie : « si la situation actuelle au Congo est le fruit de la politique de Michel, cela interpelle, la situation n’a jamais été aussi navrante». Avec Kabila, ce n’est toujours pas le grand amour. C’est même : « je ne t’aime pas, moi aussi ».Quand bien même le chef de la diplomatie belge plaide pour la normalisation avec Kinshasa « sans se mettre à genoux », il ne semble pas prêt à considérer que le Congo est doté d’un leadership responsable. On ne peut interpréter autrement sa profession de foi à De Morgen : « que l’on parle à Kabila ou pas, ça n’a pas d’importance, cela ne change rien ». L’AMP appréciera ! Si il ne fait l’ombre d’aucun doute que Kabila Kabange n’est pas la tasse de thé matinale de Karel De Gucht, Laurent Nkunda Mihigo ne l’est pas non plus. Le patron de la diplomatie belge n’exclut pas la possibilité de voir le chef du CNDP répondre un jour de ses actes devant la Cour pénale internationale. Drôle de manière pour De Gucht de se mettre au milieu du village en conservant son « droit de regard » et en accordant aux et aux autres de carton rouge ! Raymond LUAULA
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