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Les coulisses de la guerre dans l'est du Congo Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Antoine Glaser. Directeur de la Lettre du Continent, un bimensuel consacré à l'Afrique. Auteur de Sarko en Afrique (Plon).
 

Bien que les rebelles aient entamé un retrait partiel, le Nord-Kivu est loin de connaître la paix. Le point sur un conflit dont les Casques bleus sont les grands perdants.

Quels sont les enjeux de ce conflit ?

Ils sont multiples. Vous avez d'abord un chef rebelle, Laurent Nkunda, qui entend contrôler la région du Kivu. Il reçoit pour cela le soutien du pays voisin, le Rwanda, qui réclame depuis des années l'instauration d'une zone tampon. Nkunda est congolais, mais de la même origine ethnique, tutsi, que le chef de l'État rwandais, Paul Kagame.

Au Kivu toujours, vous avez une autre faction, le FDLR, le Front de libération du Rwanda, constitué en partie d'anciens génocidaires hutus du Rwanda réfugiés en République démocratique du Congo, l'ex-Zaïre. L'armée régulière congolaise ne contrôle pas du tout la région. La force des Nations unies, pas davantage. Le tout sur fond d'enjeux économiques pour les ressources minières (lire plus bas) et de luttes d'influence entre grandes puissances. C'est une zone géostratégique de plus en plus sensible.

Quelles sont les ambitions de Laurent Nkunda ?

Dans un premier temps, on pensait qu'il voulait simplement devenir le patron du Kivu, et finalement assurer cette fameuse zone tampon que souhaite le président rwandais. Mais, avec le temps, il revendique de plus en plus le pouvoir à Kinshasa, puisqu'il commence à remettre en cause les contrats miniers, notamment les contrats signés par le président Kabila avec les Chinois. Or, au sein même du pouvoir congolais, ces questions font débat et Nkunda sait qu'il peut disposer de relais dans la capitale pour remettre en cause le pouvoir de Kabila.

Qu'est-ce qui explique l'impuissance de la Monuc ?

La Monuc, c'est la principale opération de maintien de la paix des Nations unies. 17 000 hommes, 86 avions, un milliard de dollars par an. Les forces de Laurent Nkunda, c'est 5 000 hommes. On ne comprend pas comment 17 000 Casques bleus, dont 5 000 ou 6 000 dans le Kivu, n'arrivent pas à venir à bout de cette rébellion. Quand on évoque l'Onu, on s'imagine des soldats aguerris. En fait, les opérations de maintien de la paix sont assurées par des troupes qui viennent de pays pauvres, l'Inde, le Bangladesh, le Pakistan. Leurs soldats ne sont pas bien équipés, souvent mal coordonnés. Il y a un vrai problème avec les troupes des Nations unies sur le terrain qui sont incapables de protéger les populations.

L'impuissance est logistique ou politique ?


Le problème de fond, c'est qu'on n'a jamais les comptes rendus des vrais débats entre grandes puissances au sein du conseil de sécurité des Nations unies. Certains pays n'ont peut-être pas envie que cette zone soit totalement pacifiée. Bien sûr, la responsabilité première incombe aux responsables politiques africains, coupables d'instrumentaliser les populations sur le plan ethnique. Mais si 17 000 Casques bleus sont là, au moins qu'ils protègent les populations civiles.

Laurent MARCHAND.

 
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