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Le gouvernement belge paraît toujours aussi divisé sur les origines de la crise congolaise et les solutions à y apporter. Le chef de la diplomatie belge, Karel De Gucht, n’a pas eu des mots assez durs pour dénoncer son prédécesseur, l’actuel commissaire européen au développement et à l’action humanitaire Louis Michel, et son fils, le ministre belge Charles Michel, pour leur implication personnelle dans le dossier congolais. Ces déclarations ont été interprétées dans certains milieux politiques de Kinshasa comme une critique de la manière dont le processus électoral congolais a été géré, ignorant les préalables indispensables et suscitant des frustrations qui ont fini par rattraper la RDC. Dans une interview accordée au quotidien flamand « De Morgen », le ministre belge des Affaires étrangères réitère les mêmes critiques à l’endroit du leadership congolais. « Que l’on parle à Kabila ou pas, n’a pas d’importance. Cela ne change jamais rien », explique De Gucht dont le même genre de propos tenus en mars dernier sur la corruption en Rdc avaient provoqué une brutale détérioration des relations entre Kinshasa et l’ancienne métropole. « Je n’ai jamais été un fan de Kabila, contrairement à mon prédécesseur Louis Michel », a martelé De Gucht. Avant d’enfoncer le clou : « Si la situation actuelle au Congo est le fruit de la politique de Louis Michel, cela interpelle », a-t-il dit en jugeant que la « situation n’a jamais été aussi navrante » en Rd Congo. De Gucht estime aussi que le chef rebelle Nkunda « craint d’être un jour inculpé pour crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale de la Haye », ce qui explique pourquoi il veut tant négocier à présent ». Même volée de bois vert du ministre des Affaires étrangères belge à l’égard de son homologue en charge du développement qui n’est autre que Charles Michel, fils de Louis Michel. De Gucht qui ne lui trouve aucune excuse, l’accuse même de déloyauté pour avoir rencontré sans son aval le président Kabila à Kinshasa, il y a de cela une semaine, et pour avoir affirmé dans le même journal que le chef de la diplomatie belge, persona non grata en RDC, ne pouvait jouer aucun rôle dans la résolution du conflit dans l’Est du pays. « Quel a été le résultat de cette rencontre, s’est amusé Karel De Gucht ? Avant de répondre d’un ton ironique : « Rien, nul, nada ». « C’est ce que j’appelle être déloyal et le problème d’un ministre déloyal est un problème pour le Premier ministre » a-t-il souligné avec l’évidente intention de remuer le couteau dans la plaie d’une coalition gouvernementale toujours aussi instable. S’attaquer aux violences et pillages La Mission des Nations unies en Rd Congo (Monuc) devrait pouvoir lutter contre toutes les violences envers des civils et contre le pillage des ressources naturelles du pays, a par ailleurs estimé lundi le chef de la diplomatie belge, dont le pays est membre du Conseil de sécurité de l’Onu jusqu’à la fin du mois de décembre. Le gouvernement belge, a indiqué Karel De Gucht, proposera pour cela un renforcement du mandat de la Monuc, lors de réunions prévues à New York du 24 au 26 novembre. Pour Karel De Gucht, « deux objectifs sont centraux : d’un côté, la Monuc doit pouvoir intervenir de manière totalement indépendante contre toute forme de violence illégitime à l’encontre de la population civile ; de l’autre, la Monuc doit également pouvoir intervenir contre l’exploitation minière illégale dans l’Est » du pays. Selon lui, « seule la sécurité pour la population et la lutte contre le pillage des ressources naturelles, peuvent offrir une solution durable au drame humain » dans ces régions. SAKAZ
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