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Où va la République démocratique du Congo ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Affrontements, pillages, viols, meurtres, famine, réfugiés par milliers…

Les affrontements qui ensanglantent de plus en plus le Nord-Kivu, cette province orientale de la République démocratique du Congo (RDC), frontalière de l’Ouganda et du Rwanda, suscitent un certain nombre d’interrogations sur le pourquoi d’un conflit. La guerre met aux prises un chef de guerre congolais tutsi, Laurent Nkunda, à l’armée régulière de Kinshasa, soutenue par des groupes divers, dont des Hutu venus du Rwanda et accusés d’être derrière le fameux génocide des Tutsi en 1994. Pour son malheur, la région du Kivu est riche en minerais et en terres arables. De quoi susciter les convoitises les plus divers dans un continent qui ne comprend pas uniquement des poches de prospérité. Les Etats environnants gardent un œil avide sur le vaste territoire congolais hérité de l’indépendance en 1960 : l’étonnant Rwanda, qui dit vouloir suivre jusqu’au bout les génocidaires hutu réfugiés sur le territoire congolais ; l’Angola, qui n’entend nullement laisser choir un pouvoir central congolais qui lui est plutôt acquis. Mais les résultats de cette situation complexe restent terribles pour la population, estimée à 65 millions d’habitants. Les combats dans la région du Kivu ont fait plusieurs centaines de morts depuis leur reprise. La population souffre le martyre. Les exactions commises par des miliciens dirigés par des seigneurs de guerre sans foi ni loi se font de plus en plus étouffantes. Pillages, viols et meurtres se multiplient. L’agriculture, source principale de revenu de la population, est paralysée par l’insécurité. Sous la menace de la  famine, des centaines de milliers de personnes fuient les zones de combat. Que font les instances internationales pour mette un terme à un conflit qui risque de dégénérer ? Cette partie de l’Afrique centrale n’est pourtant pas oubliée par les Nations unies. La diplomatie y est plutôt active. Des accords ont été signés, des dispositions sont prêtes à entrer en vigueur pour peu que les belligérants jouent le jeu. Sur le terrain, une force de Casques bleus, la Monuc (Mission de l’ONU pour la République démocratique du Congo), forte de dix-sept mille hommes, est présente. Cette mission de l’ONU en RDC, en poste depuis 2000, est en bonne partie composée de soldats du sous-continent indien.  La Monuc a la particularité d’être la plus grande force de l’ONU au monde. La zone du Kivu concentre 4 000 soldats. Cependant, sans effet sur l’évolution de la situation. Pour des raisons diverses, les soldats onusiens se barricadent dans leurs camps et interviennent peu, préférant une neutralité qui pourrait s’avérer morbide.

Au cœur de l’Afrique
Ce conflit au cœur du continent noir devrait pourtant être pris à bras-le-corps par les organismes internationaux : UA et ONU. Les groupes qui se combattent inlassablement ne sont pas si nombreux ni si puissamment armés. Une force internationale active pourrait faire changer un tant soit peu la donne. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, émissaire de l’ONU, avec les plus grandes bonnes intentions, ne pourra trouver une solution que si les puissances partenaires des Etats concernés s’entendent sur un plan de sortie de crise. L’exemple kényan en est la preuve tangible. L’accord des gouvernements occidentaux a été décisif pour rétablir la paix dans ce pays d’Afrique de l’Est. Les anciens colonisateurs, la France, la Belgique, le Royaume-Uni mais aussi les Etats-Unis sont tenus de conjuguer leurs efforts dans le but de faire cesser la tragédie qu’endurent les habitants du Nord-Kivu devant les caméras du monde. Cette guerre du Kivu, entretenue par un contexte régional particulièrement tendu, rythme depuis une décennie la vie en RDC. Le reste de cet immense pays paraît vivre dans une relative accalmie et ce, depuis la fin du conflit congolais de 1998-2002. Une des clefs de compréhension du conflit actuel et donc de sa résolution a un nom : Rwanda. Ce voisin, minuscule par le territoire, est tenu par le régime à poigne du général d’ethnie tutsie Paul Kagamé.
Le pays des mille collines est dirigé par un régime qui serait appuyé par les États-Unis. Au pouvoir après le terrible génocide de 1994 et la déroute de la majorité hutue du FPR (Front patriotique rwandais), Paul Kagame a des comptes à régler. À plusieurs reprises dans les années qui ont suivi cette tragédie, Kigali ne s’est pas gêné d’intervenir au-delà de ses frontières. Officiellement, c’était pour faire la guerre aux génocidaires hutus réfugiés en RDC après l’été 1994. Un groupe nommé FDLR, le Front de libération du Rwanda, est toujours actif dans la région du Kivu. Mais le véritable objectif de ses incursions est économique. Les ressources naturelles immenses de la région du lac Kivu sont une fixation pour Kigali. Région riche en minerais, notamment en or, en étain et en coltan, le Kivu, partagé en deux provinces, reste en ébullition. Sa richesse minérale est une bénédiction transformée en malédiction comme c’est le cas de beaucoup de pays africains.
Aujourd’hui, pour les observateurs du conflit congolais, il ne fait pas de doute : Kigali donne son appui et pas seulement moral au Congrès national pour la défense du peuple, le CNDP, dirigé par le chef de guerre Laurent Nkunda. Ce rebelle tutsi se targue d’avoir mis en déroute l’armée nationale du Congo-Kinshasa. Il veut s’imposer en interlocuteur incontournable. Ses hommes se trouvant depuis la mi-octobre aux portes de Goma, capitale régionale.

Hutu-Tutsi, l’éternel affrontement
Le conflit régional n’est pas exempt de son cachet ethnique où les Hutu et les Tutsi, par-delà les frontières, poursuivent leur guerre génocidaire qui a ébranlé le monde.  Les voisins, pour des raisons de diversité des groupes de populations (le Rwanda au premier chef, mais aussi le Burundi et l’Ouganda) y sont fortement impliqués. Les puissances internationales qui s’intéressent de plus en plus au continent sont-elles pour autant inactives ? Devant l’inaction et l’impuissance de la Monuc, l’Union européenne pense depuis novembre à intervenir militairement. On constate aussi des velléités d’intervention du côté de l’Afrique australe (la Zambie et l’Angola, situées aux frontières sud et ouest du Congo-Kinshasa). Des pays plutôt alliés au président Joseph Kabila. La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) parle, elle, de former un contingent avec l’Angola en tête dans le but d’intervenir comme «force de paix». Une véritable étincelle dans un baril de fioul. L’envoi des soldats angolais dans la région du Kivu est synonyme de provocation. Laurent Nkunda, qui se dit lumumbiste, n’hésitera pas à appeler à défendre le pays contre les incursions étrangères. La «communauté internationale», via l’ONU, laissera-t-elle pourrir un conflit qui lui coûte des milliards de dollars ? La Monuc, qui fonctionne avec un budget annuel d’un  milliard de dollars en RDC, est condamnée à être plus active pour une sortie de crise. Les solutions alternatives non dénuées de convoitises malsaines dans les conflits africains ont éternellement mené au chaos.    

Moumene Belghoul

 
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Mouvement d'Action pour la Démocratie et la Paix