Comme quoi, à quelque chose malheur est bon ! Les militaires originaires de l’Equateur considérés comme les ennemis du régime des Kabila et étiquetés 032 ( 32 est le nombre d’années passées au pouvoir par le citoyen Joseph Désiré Mobutu Sese Seko Kuku Gbendu wa Zabanga) sont appelés aujourd’hui à sauver un pouvoir sans vision qui ne fait que tirer le Congo vers le bas.
Didier Etumba étant l’un des premiers officiers des ex-FAZ à avoir rejoint le régime des Kabila dès l’avènement de l’AFDL au point qu’il a dirigé les renseignements militaires, ex SARM débaptisés DEMIAP ( Détection militaire des activités anti-patrie) avant de faire partie de la délégation gouvernementale comme expert militaire au dialogue intercongolais en Afrique du Sud(2002), on croit savoir que le kabilisme ne va pas se servir de lui pour envoyer à la mort les quelques militaires ex-FAZ encore en vie après avoir échappé à leur mise à mort programmée à Kitona sous le vernis d’une formation idéologique.
Quant à Dieudonné Kayembe Mbandakulu, général de l’armée de Mobutu converti au kabilisme, il se voit ainsi appliquer la maxime militaire qui veut qu’il n’y ait pas de mauvaises troupes, mais de mauvais chef. Si on pouvait pousser la logique plus loin ! Suivez mon regard.
Quoi qu’il en soit, Dieudonné Kayembe est récompensé à la hauteur des « bas » faits de ses troupes. Et dire qu’il y a quelques semaines seulement, le prédécesseur de Didier Etumba affirmait à Goma que la panique avait plutôt gagné le camp de Nkunda dont les positions étaient désormais à la portée des frappes des FARDC. Quelques jours après, le CNDP s’emparait du centre de Rumangabo pourtant présenté comme un important verrou pour l’armée gouvernementale. Cerise sur le gâteau, outre les armes, les troupes de Nkunda « cueillaient » même la ratio militaire. La vie n’est pas belle ?
Pendant ce temps, à Kinshasa les chefs militaires s’enrichissement scandaleusement et affichent insolemment leur fortune amassée sur le dos des hommes des troupes abandonnés à eux mêmes et contraints de piller la population pour pouvoir survivre.
Et comme le ridicule ne tue, voilà que pour frapper les esprits, un procès expéditif est organisé à Goma par la justice militaire qui a condamné, ce lundi 17 novembre quatre militaires des FARDC, accusés d’être impliqués dans les pillages survenus au chef lieu du Nord-Kivu le 29 octobre dernier, à la prison à perpétuité pour viol et pillage. C’est à croire que Goma n’a été mis à sac et à sang que par ces quatre pauvres soldats !
Au lieu d’en rire il faut en pleurer, car les chefs militaires coupables de détournement de fonds destinés aux hommes des troupes continuent à se la couler douce à Kinshasa.
En rapport avec les pillages opérés par les soldats FARDC affamés par leur hiérarchie, un député du Nord-Kivu qui s’est confié à Congoone accuse le gouvernement congolais d’être responsable non seulement des pillages mais également des viols et des tueries dont se sont rendus coupables les FARDC et les troupes rebelles. S’agissant particulièrement des tueries de la population civile survenues à Kiwanja, le député kivutien dépité soutient que c’est Kabila qui doit assumer la responsabilité du massacre de la population pour avoir armé les civils sans formation appropriée en les transformant en supplétifs de son armée. Or, souligne-t-il, quand les civils sont armés et prennent part aux combats, ils sont considérés comme des combattants armés et traités comme tels.
Pierre Kalambayi Misasa