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Laurent Nkunda a-t-il le droit de massacrer les autres populations congolaises ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Au nom de la défense d’une minorité, Laurent Nkunda a-t-il le droit de massacrer les autres populations congolaises ?  

Depuis le mois d’août dernier, les affrontements ont repris dans le Nord-Kivu, jetant dans la nature des milliers d’êtres humains, livrés à eux-mêmes. Comme toujours, la presse occidentale nous inonde des images d’une cruauté digne d’une autre époque. Le peuple congolais paie encore de son sang par la volonté d’un homme, Laurent Nkunda. Et pour cause ? Celui-ci prétend défendre les siens, Tutsis congolais qui seraient menacés par les anciens Far (Forces armées rwandaises) et Interhamwe, accusés de génocidaires par les autorités de Kigali, avec la complicité des autorités congolaises. Fait bizarre, depuis tous ces affrontements, on ne voit que les corps des Congolais qui gisent partout. Alors que Nkunda est devenu l’icône de la presse internationale, accordant des interviews à longueur de journées, aucune fois celui-ci n’a exhibé des corps de ses « frères » massacrés par les Fdlr et les Fardc. Tout comme il ne montre aucun village où vivraient exclusivement « ses frères » et qui seraient pillés, comme c’est le cas avec les villages d’autres Congolais. Aussi, faut-il rappeler, qu’aucun journaliste de la presse internationale ne condamne les atrocités et autres massacres qu’infligent Laurent Nkunda et ses rebelles aux populations du Nord-Kivu. Tout se passe comme si nous nous trouvions dans une situation normale. Et chaque fois qu’un semblant de condamnation contre Nkunda pointe à l’horizon, il est tout de suite dilué, au motif qu’il faut craindre un autre génocide que commettraient les Congolais contre les Tutsis alors que le décompte macabre est très défavorable à la population congolaise, avec déjà plus de 3,5 millions de morts, reconnus par tous de 1998 à 2003. Il serait à plus de 4 voire 5 millions depuis les aventures belliqueuses de Nkunda.

Les raisons d’une guerre. On peut noter quatre raisons à la base des affrontements à l’est du Congo. IL y a le problème identitaire et la défense de siens, selon Laurent Nkunda, le problème des Hutus rwandais, les richesses de la RD Congo et l’annexion du Kivu au Rwanda. Voyons une à une toutes ces raisons pour en saisir la portée réelle.

Le problème identitaire et la défense des siens. On a vu que Laurent Nkunda et ses nombreux « fans clubs occidentaux » avancent comme raison essentielle pour justifier la guerre contre le gouvernement de Kinshasa la menace dont seraient victimes ses « frères » de race. Il tient, lui, à les protéger contre les militaires Hutu rwandais qui avaient fui au Congo à la suite de leur déconfiture face au Fpr. Arrêtons-nous d’abord sur ce point pour dire que dans cette partie de la RD Congo, les Tutsis ne constituent nullement la majorité de la population. Ils seraient, selon les estimations, près de 10% de la population du Nord-Kivu et ne vivent pas en autarcie, c’est-à-dire, dans les camps de concentration, mais partagent leurs vies avec tous les autres peuples de cette province. Si les Interhamwe devraient tuer, ils ne cibleraient pas que les Tutsis, mais tous les Congolais, sans exclusive. Ce qui n’est jamais arrivé, sinon, Laurent Nkunda en aurait brandi pour justifier son attitude belliqueuse actuelle. La seule fois que des Tutsis avaient été l’objet des massacres, ce fut à la frontière du Burundi, à Gatumba pendant la fameuse transition, 1+4 de triste mémoire. A l’époque, Ruberwa, vice-président de la République en charge de la Sécurité et de la défense, en avait attribué la responsabilité aux Fardc, conduites par le général Mbudja Mabe. N’eut-été le rapport de Human Rights Watch qui avait lavé de tout soupçon les militaires congolais, le général Mbudja Mabe serait peut-être sous mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale. Car, le Rcd était déterminé à charger l’armée congolaise sur ce dossier. Il a finalement réussi à obtenir de Joseph Kabila le départ de ce vaillant officier de Bukavu. Il constituait un handicap à la matérialisation des plans de la bande à Ruberwa.

Depuis lors, rien de tel n’a été signalé dans le Nord-Kivu où le criminel Nkunda sème la terreur et la désolation. Et les images sont là pour prouver que c’est lui et son CNDP qui sèment la mort dans l’est de la RD Congo. Les plus récents massacres ont eu lieu à Kiwanja, à plus de 80 Km de Goma, en présence de la Monuc. On aurait voulu voir Ruberwa verser aussi des larmes de crocodile pour toutes ces morts d’autres Congolais. Nenni. Ils ne sont pas de sa race et ne méritent certainement pas grand-chose, doit se dire l’ancien Vice-président en charge de la politique et de la défense.

Bref, il n’y a pas pire mensonge que de prétendre défendre les siens qui seraient faussement persécutés par les Fdlr ou les Congolais au vu de la forte représentation de cette communauté dans les institutions nationales. Un journal de Kinshasa avait recensé plus de cinquante officiers supérieurs Tutsis dans la police et l’armée congolaise. Aucune autre tribu ou province congolaise, hormis peut-être le Katanga, ne dispose d’une telle représentativité dans ces deux institutions. Les Tutsis seraient aussi en bon nombre dans les différents services de sécurité ainsi que dans les entreprises du portefeuille. Il n’y a aucun élément qui peut constituer un réel démenti aux élucubrations fantaisistes du criminel Laurent Nkunda que l’élection, par exemple, de Moïse Nyarugabo, comme sénateur de la ville de Kinshasa.

Tout le monde sait que Nyarugabo est un Tutsi qui a foulé officiellement pour la première fois le sol kinois dans la valise du « Conglomérat d’aventuriers et opportunistes » de l’Afdl, en mai 1997. Une année après, il a fui la ville de Kinshasa pour aller faire la deuxième rébellion du Rcd avec ses « frères », toujours les mêmes. Il est revenu lors de la mise sur pied des institutions de la transition, pour le compte de son mouvement rebelle. Il n’est donc Kinois ni de naissance, ni pour y avoir vécu longtemps. Et lors des élections de 2006, il n’est pas allé se faire élire à Goma, dans la Masisi ou à Rutshuru où vivraient ses frères de sang, mais bien à Kinshasa. Il a été élu sénateur de la capitale congolaise. Curieusement, ce cas échappe à tous ces amnésiques, à l’instar de ceux qui ont tenu une conférence à Bruxelles, qui soutiennent avec Nkunda que les Congolais en veulent aux Tutsis. Peut-on honnêtement nous dire aujourd’hui que ceci aurait été possible ailleurs, par exemple au Rwanda où la totalité du pouvoir est entre les mains d’une seule ethnie, la plus bénite de toutes ? Personne de critique le monoethnisme politique qui régente le pouvoir à Kigali, même pas les Occidentaux.

Par ailleurs, les Congolais n’ont-t-ils pas condamné le comportement de Joseph Kabila, jugé de deux poids deux mesures qui a tenu à dépouiller JP Bemba de toute sa garde, en application de son décret de novembre 2006 limitant la garde des anciens vice-présidents de la transition à 12 policiers ainsi que le lot de morts à la base de ces affrontements de mars 2007, tout en laissant, jusqu’à ce jour, Azarias Ruberwa se pavaner dans les rues de Kinshasa avec la sienne, composée exclusivement de ses frères Tutsis?

Non, les Congolais ne sont ni génocidaires (ils n’ont pas la culture du sang) et ne font nullement la chasse à une composante de sa population, comme le soutient à tort Laurent Nkunda. Non, la communauté internationale ne doit pas transférer la commisération de ce peuple, puisqu’il y a eu génocide rwandais auquel n’a pas participé aucun citoyen congolais, pour laisser libre court au massacre actuel du peuple congolais. Quoi que l’on dise, Laurent Nkunda s’attaque aux forces armées d’un gouvernement légitime qui a le droit de défendre l’intégrité de son territoire. Et il est insensé que le gouvernement congolais et le rebelle Nkunda soient mis sur le même pied d’égalité, surtout que la raison de la prise d’armes du CNDP n’est pas le fait du gouvernement congolais, mais d’un groupe étranger. La logique la plus élémentaire aurait voulu que Nkunda et les Fardc se battent ensemble contre les Interhamwe ou les ex Far, et non le contraire.

Les Fdlr, Interhamwe, ex-Far. Voilà donc, selon Nkunda, la raison de son combat contre le gouvernement de la RD Congo : la présence des Fdlr, autres Interhamwe et ex-Far dans la partie orientale de la RD Congo. Il est vrai qu’après la rupture des alliances entre LD Kabila et ceux qui l’ont porté au pouvoir, à savoir Rwandais, Burundais et Ougandais, le Président congolais s’est servi des anciens militaires rwandais pour combattre la deuxième rébellion du RCD et que Joseph Kabila, selon le gouvernement qui l’a reconnu, a aussi eu à les instrumentaliser. Vu sous cet angle, Nkunda aurait pu d’abord demander à ce gouvernement tout collaboration avec les Fdlr, afin de composer avec lui, le gouvernement congolais, pour ensemble bouter hors du territoire ces étrangers Hutu. Mais, les Interhamwe, Fdlr et autres ex-Far ne demandent qu’à rentrer chez eux, malgré leur étiquette de « génocidaires » qui leur colle à la peau depuis 1994. Logiquement, le problème ne pouvait se poser si tout le monde était de bonne foi. Ce qui ne semble pas être le cas.

En vérité, personne ne veut de leur retour au Rwanda. Tout est fait pour qu’ils demeurent au Congo, indéfiniment, s’il le faut. Après les différents nettoyages ethniques des Hutu dans las camps de réfugiés, œuvre de l’Apr au Congo lors de la conquête du pouvoir de l’Afdl entre 1996 et 1997, et condamnés du reste par la communauté internationale, les Hutus ont tenté plus d’une fois de rentrer chez eux. Ils sont toujours butés au refus catégorique des autorités rwandaises. Même le dialogue inter-rwandais, dialogue imposé, du reste, aux Congolais par la communauté internationale et les pays voisins pour la sortie de crise, est rejeté par les autorités de Kigali. Ils ne peuvent s’asseoir sur une même table avec les génocidaires, prétendent-elles. La vérité est que cette étiquette est collée aux Hutu pour leur empêcher toute velléité de prise de pouvoir, voire par des moyens démocratiques, au risque de perpétrer un autre génocide, et de permettre ainsi à l’ethnie tutsie qui a fait une guerre « propre », sans jamais tuer un seul Hutu d’octobre 1990 à juillet 1994, de conserver longtemps encore le pouvoir, simplement. A ce propos, Bwana Musema Kweli rapporte qu’ « entre 1991 et 1993, plus de 100.000 Hutu avaient été massacrés dans les préfectures de Byumba et Ruhengeri ».

C’est pour cette raison que de plus en plus, l’argumentaire de guerre « propre »est mis en mal par plusieurs spécialistes et a même été balayé dans le livre de l’ancien officier tutsi de l’Apr, le lieutenant Abdul Ruzibiza, voire par d’autres enquêtes diligentées en France et en Espagne. Car, quand on prend des armes, ce qui a été le cas de l’Apr, pour combattre un régime donné, quel qu’il soit, on doit aussi être comptable et responsable des dégâts tant humains que matériels qui en résultent. L’Allemagne de l’après deuxième guerre mondiale a été responsable de ses atrocités tant sur les Juifs que sur les autres Européens ; même si, à la différence des Tutsis rwandais, les Juifs n’aient jamais pris les armes pour faire la guerre aux Allemands ou à d’autres Européens. Seul le Rwanda de Kagamé en fait exception. Jusqu’à ce jour, personne, dans la cour des grands de ce monde, ne veut faire une enquête objective ni sur les actes posés par l’Apr d’octobre 1990 à 1994, ni sur ceux posés à l’Est de la RD Congo lors de la campagne de l’Afdl, conduite par l’actuel Chef d’état-major de l’Armée rwandaise, James Kabarebe, hormis le juge français Bruguière et la justice espagnole.

C’est aussi celle-là l’autre revers de la rationalité occidentale. Une rationalité qui consiste à absoudre, à comprendre des crimes commis par ceux-là qui ont été victimes des crimes odieux, ici les Tutsis, auxquels ils n’ont pas participé alors même qu’ils ont pris des armes pour accéder au pouvoir. C’est cette rationalité là qui est de mise dans le cas de Nkunda. A la seule différence que les Congolais de l’Est du pays n’ont jamais massacré ceux dont le sang est précieux et qui mérite, seul, la protection et la commisération internationales. Le sang des Congolais doit indéfiniment couler pour le bonheur de la communauté internationale, des multinationales et des Tutsis congolais, reconnu « peuple spécial », avec cerise sur le gâteau, le droit de vie et de mort sur d’autres peuples établis sur le territoire congolais. La campagne mortelle de Laurent Nkunda en est une parfaite illustration.

La problématique Interhamwe, Fdlr, ex-Far. Pour mieux appréhender la question des Interhamwe, Fdlr et ex-Far, il faut aussi la replacer dans son contexte. Il se fait malheureusement que la presse occidentale s’interdit, lors du traitement de ce sujet, de rappeler les circonstances de l’arrivée de ces anciens militaires et autres génocidaires. Ceux-ci, faut-il le répéter, n’ont jamais été invités par le gouvernement zaïrois de l’époque. Ils avaient été imposés au Congo « zaïrianisé » par la communauté internationale et spécialement par la France, à la suite de l’opération Turquoise en 1994, avec l’aval des Nations Unies. Dès lors, pourquoi ni la communauté internationale, ni la France ne veut assumer sa responsabilité ?

C’est devenu une affaire essentiellement congolaise, peut-être pour les avoir instrumentalisés pendant une certaine période par les autorités congolaises, pour des raisons déjà évoquées. En réalité, le gouvernement congolais devrait concrètement poser le problème de la présence des Interhamwe, Fdlr et ex-Far et autres génocidaires à la France et à la communauté internationale, comme l’a fait dernièrement sur la Rtnc Mende Omalanga, l’actuel ministre de la Communication et des Médias, au lieu de prendre, en toute irresponsabilité des engagements, dont il sait ne pas être capable de tenir. Sans armée mieux équipée, motivée et bien dirigée, il est stupide et impensable de croire que la RD Congo soit capable de résoudre seule cette épineuse question. Et Kagamé le sait pertinemment bien et rie sous cape lorsque Joseph Kabila distrait le monde avec sa détermination à éradiquer la problématique Interhamwe, Fdlr et ex-Far… C’est une illusion.

La recherche de la solution de cette problématique passe inéluctablement par l’implication de tous les protagonistes, la communauté internationale, la France, la RD Congo et le Rwanda. Autant la RD Congo a eu son dialogue inter-congolais, autant le Rwanda doit accepter sur son sol sa population, génocidaire ou pas, à la suite soit, d’un dialogue inter-rwandais, soit des procès de toute sorte afin de réconcilier les uns et les autres à vivre en harmonie. Exporter le conflit rwandais en RD Congo ne paraît pas être la solution définitive. Kagamé doit savoir qu’il n’est pas le premier dirigeant africain à être dorloté par les puissants de ce monde. Un regard rétrospectif sur ses différents prédécesseurs immédiats lui aurait permis de comprendre que les Occidentaux ne soutiennent pas indéfiniment les dictateurs africains. Et il en est un, contrairement à tout ce que lui font miroiter ses conseillers britanniques et américains.

Ainsi donc, au-delà des massacres à grande échelle sur le sol congolais, la guerre sert à enrichir les Gouvernants congolais et le rebelle Nkunda Mihigo, sans oublier le Rwanda qui tire toutes les ficelles ainsi que les multinationales installées à Kigali, sans oublier l’Ouganda qui n’a jamais définitivement quitté le sol congolais.

Les richesses de la RD Congo, source de la guerre. Faut-t-il redire que la guerre actuelle est à la base du pillage systématique des richesses du pays. C’est un secret de polichinelle vous diront les spécialistes. Les Nations Unies avaient réalisé des enquêtes qui ont pointé les différents pillards des richesses de la RD Congo, à travers le rapport du panel de l’Onu. La RD Congo est donc victime de ses richesses du sol et du sous-sol. Les pays voisins de l’est de la RD Congo se servent comme bon leur semble et sont même devenus exportateurs des minerais qui n’existent pas chez eux. C’est le cas du Rwanda et de l’Ouganda qui exportent depuis quelques années le coltan, le diamant, l’or et autre minerai que ne regorgent le sol et le sous-sol rwandais et ougandais. La découverte du pétrole dans le Lac Victoria dont la grande partie se trouverait en RD Congo est à la base de l’agitation ougandaise. De plus en plus, les escarmouches se multiplient ; et l’Ituri se replonge dans d’autres affrontements rappelant la fin du dernier siècle. On a encore frais en mémoire les affrontements qui avaient opposé à Kisangani, dans la province Orientale, les armées rwandaises et ougandaises, en plein territoire congolais, sans une condamnation énergique de la fameuse communauté internationale ou de sa presse. Ils avaient eu pour seul but le contrôle des richesses congolaises. Tout

Par ailleurs, depuis la fin de la transition, « tout a été mis en œuvre pour que l’on ne puisse toucher aux intérêts de Kigali au Kivu où des entreprises comme Jambo Safari, Bon Marché, Gomair, etc. devaient être protégées afin de continuer à rapporter des capitaux frais au Rwanda», nous renseigne encore Musema Kweli.

Une affaire juteuse pour tous. La guerre qui endeuille la RD Congo est entre autre aussi une guerre économique et maffieuse, conduite par Nkunda, soutenue par les Rwandais, avec la complicité des multinationales, installées au Rwanda et en Ouganda. Il faut regretter que même ceux qui détiennent le pouvoir à Kinshasa tirent bénéfice de cette guerre, en détournant les moyens financiers mis à la disposition des militaires. Les gouvernements de Kinshasa sont passés maîtres en détournements et volent de tout ordre, sous la barbe de Joseph Kabila, incapable de mettre de l’ordre dans la gestion courante du pays. C’est une affaire juteuse qui profite à tous. Sinon, comment expliquer que le gouvernement de Kinshasa n’ait pas bronché contre cet Officier supérieur qui aurait détourné l’argent destiné aux veuves et orphelins militaires ? Les différentes dénonciations pour mauvaise gestion ne sont suivies d’aucun effet. La guerre est conduite exclusivement par les anciens rebelles alors que l’on retrouve au sein de cette armée des militaires compétents qui sont prêts à défendre leur pays ? Autant de constats qui font dire à certains compatriotes, et à raison d’ailleurs, qu’il existerait une complicité réelle au sommet de l’état.

En pleine guerre, le gouvernement devrait prioriser les dépenses militaires afin de permettre à ceux qui sont au front de ne manquer de rien. De même, pour leur moral, leurs familles devraient être prises en charge. Ce qui motiverait le soldat au combat. Au lieu de tout ceci, ce sont plutôt les émoluments des députés et sénateurs qui ont été revus à la hausse alors qu’ils sont déjà parmi les privilégiés de la société. Ceux qui se disent être élus du peuple ne défendent nullement ce même peuple qui a eu tort de les envoyer dans ces deux institutions parlementaires pour parler en son nom.

Kosovotisation du Nord-Kivu. Enfin, il y aurait une intention vieille du Rwanda soit d’annexer une partie du Nord-Kivu afin d’avoir un territoire un peu plus grand, soit de reverser une partie de sa population dans cette partie du Congo. De plus en plus, des analystes soutiennent que la chasse de la population congolaise viserait à vider un vaste territoire de ses habitants afin d’y installer des Rwandais. Une fois majoritaires, ils réclameraient une autodétermination, à l’instar de l’Ossétie ou de l’Abkhazie en Géorgie et solliciteraient plus tard leur annexion pure et simple au Rwanda. Les revendications de Laurent Nkunda tournent autour de ces préoccupations. Il réclame tantôt la traque des Fdlr, tantôt la mise en place d’une armée républicaine alors qu’il avait refusé d’intégrer l’armée nationale congolaise, tantôt une grande transparence dans des contrats miniers alors qu’il gère à sa guise beaucoup de moyens qui ne transitent pas par les structures officielles, tantôt la mise en place d’une forme de fédéralisme à l’échelle nationale ou du séparatisme au niveau des provinces.

En fait, Nkunda veut se substituer à toute la population congolaise puisqu’il croit appartenir à la « meilleure » ethnie du pays. N’est-ce pas qu’une partie du pays est à feu et à sang par la seule volonté de cette ethnie ? Tout lui est permis, surtout qu’il a le soutien du Rwanda, avec l’appui inconditionnel des puissances anglo-saxonnes Le choix d’un système politique, comme le fédéralisme, ne peut être l’affaire d’un individu, Nkunda soit-il, mais de tout un peuple, par voie référendaire. En lieu du fédéralisme, Laurent Nkunda voit déjà une nette autonomie ou mieux une balkanisation du pays afin de disposer d’une portion de territoire à apporter au Rwanda où il serait un roitelet. Pareille position est inacceptable auprès des Congolais qui ne sont pas disposés à céder une portion de leur territoire. Quelle que soit l’évolution de choses, la RD Congo n’est ni à balkaniser, ni partager, n’en déplaisent aux maîtres à penser de Nkunda. Tôt ou tard, le vent reprendra la bonne direction.

En définitive, les Congolais ne doivent pas confondre les critiques objectives à faire contre l’irresponsabilité de Joseph Kabila et de ses hommes au pouvoir à Kinshasa et les distractions de Laurent Nkunda qui ne visent qu’à émietter notre espace commun, la RD Congo. Le sang de notre peuple a assez coulé pour rien, tout simplement puisque des Tutsis rwandais sont morts chez eux en 1994, tués par leurs frères et non par les Congolais. Il appartient finalement aux Congolais de comprendre que la prise du pouvoir avec l’apport étranger enchaîne, décrédibilise et rend esclave. La RD Congo a besoin de tous ses fils qui peuvent œuvrer non pour faire plaisir aux pays étrangers pour leur soutien, mais au peuple congolais, seul souverain. Nkunda veut prendre le pouvoir puisqu’il sait que Joseph Kabila qui est au sommet de l’état congolais n’est pas mieux que lui pour avoir connu la même expérience militaire, dans les rangs du « Conglomérat d’aventuriers et d’opportunistes » de l’Afdl. Le prochain chef d’état congolais devrait être le fruit des Congolais et non d’un groupe ayant appartenu à une quelconque rébellion. Il serait un pion et redevable de ses anciens maîtres.

La source de nos malheurs répétitifs pourrait peut- être s’expliquer par la confiscation, depuis septembre 1960, de notre pouvoir au profit des forces étrangères qui le gèrent à leur profit et au détriment des Congolais. Tout ce qui nous arrive aujourd’hui devrait nous servir de leçon afin de ne plus retomber dans les mêmes erreurs. Comprenne qui pourra.

Alexis Bemba Bondo Mukele

 
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