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L'ONU accuse les deux camps de crimes de guerre Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Depuis fin août, les hostilités entre la rébellion de Laurent Nkunda d'un côté et l'armée congolaise et ses alliés de l'autre, ont repris dans l'est de la République démocratique du Congo, en violation d'un cessez-le-feu conclu en janvier. Les rebelles sont positionnés depuis le 29 octobre à une quinzaine de kilomètres de nord de Goma, ville d'un demi-million d'habitants. Alors que les combats de ces deux derniers mois ont jeté sur les routes environ 250.000 personnes, le chef de la Mission de l'ONU en RDC, Alan Doss, accuse les deux camps de crimes de guerre dans la région de Rutshuru. "Nous avons malheureusement découvert des tueries dans la ville (de Kiwanja) et à côté, y compris des civils qui ont été ciblés par des groupes armés", a déclaré Alan Doss au cours d'une conférence de presse à Goma.

Kiwanja, située à environ 80 km au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, a été le théâtre mardi d'affrontements entre rebelles et miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï, suivis le lendemain d'une "opération de ratissage" de la rébellion. Cette localité est contrôlée depuis la semaine dernière par les hommes de Laurent Nkunda. Une mission de vérification de la Monuc s'est rendue à Kiwanja vendredi : elle "a visité 11 sites de tombes communes, qui contiendraient selon les témoins 26 corps, combattants et civils", selon un communiqué de la Monuc.

"On doit déclarer Rutshuru ville ouverte"

Le chef de la Mission de l'ONU en RDC a également déploré la situation humanitaire critique des déplacés réfugiés dans la ville de Rutshuru, ou aux abords du camp de la Monuc à Kiwanja, environ 5 km plus au nord. "Je lance un appel aujourd'hui pour la démilitarisation de Rutshuru. On doit déclarer Rutshuru ville ouverte, avec le retrait de toute force armée sauf la Monuc, afin de permettre aux gens de rentrer chez eux", a-t-il dit. "La démilitarisation de cette zone aiderait beaucoup à stabiliser la situation humanitaire".

Mais la démilitarisation semble d'autant moins à l'ordre du jour que des rumeurs circulent sur la présence de militaires angolais aux côtés de l'armée congolaise, qui si elle était avérée pourrait provoquer en retour une vive réaction de Kigali. L'Angola est un allié fidèle de la RDC voisine : son armée est intervenue pour soutenir le gouvernement de Kinshasa pendant la guerre régionale de 1998-2003 dans l'ex-Zaïre, contre la coalition dont faisait partie le Rwanda. Les Nations unies démentent a priori toute présence militaire angolaise. Mais plusieurs autres sources affirment l'inverse.

Un officier de la Monuc a ainsi assuré samedi que des éléments angolais avaient participé vendredi aux combats entre l'armée loyaliste et les rebelles de Laurent Nkunda dans la zone de Kibati. Ils seraient arrivés il y a environ une semaine. "Une cinquantaine de militaires angolais et zimbabwéens sont en mission de reconnaissance en appui aux unités congolaises sur le front de Kibati", a complété une source diplomatique occidentale. Ces affirmations vont dans le sens de celles lancées vendredi par la rébellion. "Il y a des troupes angolaises sur le terrain", avait alors affirmé le porte-parole des rebelles, Bertrand Bisimwa.

D'après agences

 
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