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De violents combats ont éclaté dimanche matin entre l'armée congolaise et la rébellion de Laurent Nkunda à Ngungu, localité de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) située à la limite entre les provinces du Nord et Sud-Kivu, a-t-on appris auprès de l'ONU. "Il y a des combats à l'arme lourde entre les FARDC (Forces armées de la RDC) et le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) depuis 05h00 (03h00 GMT) ce matin", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc), le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich. Ngungu, située à 60 km à l'ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, "est la porte d'entrée pour le Sud-Kivu", a ajouté le porte-parole militaire de l'ONU, sans pouvoir préciser l'origine de ces nouvelles hostilités. Interrogé par l'AFP depuis Kinshasa, le porte-parole de la rébellion, Bertrand Bisimwa, a assuré ne pas être informé de ces affrontements. En juin 2004, les hommes de Laurent Nkunda, quittant leur fief du Masisi dans le Nord-Kivu, avaient fait une incursion dans le Sud-Kivu, s'emparant brièvement de la capitale provinciale Bukavu. Les combats qui ont repris depuis fin août 2008 entre le CNDP de Laurent Nkunda et l'armée congolaise, en violation d'un cessez-le-feu conclu en janvier, se déroulent jusqu'à présent dans la seule province du Nord-Kivu. Ngungu, où avaient déjà eu lieu des combats entre les deux camps il y a un mois et demi, marque la limite sud-ouest des territoires sous contrôle de la rébellion. "Des milliers de personnes" s'enfuient, a encore dit le lieutenant-colonel Dietrich. Les combats de dimanche sont les premiers signalés depuis l'appel au "cessez-le-feu immédiat" lancé vendredi soir lors du sommet international de Nairobi sur le conflit dans l'est de la RDC, une demande totalement ignorée par les belligérants sur le terrain. Le 29 octobre, le CNDP avait déjà décrété un cessez-le-feu unilatéral après être arrivé aux portes de Goma, où sont basés environ un millier de casques bleus de l'ONU. Mais depuis, de nombreux combats ont opposé les deux camps: sur le front nord de Goma dans la zone de Nyanzale (80 km au nord de Goma) et de Kibati (12 km au nord de Goma), sur le front nord-ouest à Nyanzale (80 km au nord-ouest de Goma) et désormais sur le front sud-ouest à Ngungu. Les deux parties se rejettent la responsabilité du déclenchement des hostilités. Dimanche matin, aucun combat n'était signalé sur la ligne de front à Kibati, en périphérie nord de Goma, pour la deuxième journée consécutive, après de violents affrontements vendredi. Les soldats congolais et rebelles de Laurent Nkunda étaient toujours séparés dimanche par une zone tampon d'un peu moins d'un kilomètre, ont constaté des journalistes de l'AFP. Cette guerre s'accompagne d'un désastre humanitaire. Au moins 250.000 personnes ont été jetées sur les routes par les combats depuis fin août. Elles dépendent de l'aide humanitaire, qui est en partie paralysée par la poursuite des hostilités. AFP
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