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Le Sommet international sur le conflit qui enflamme l’est de la République démocratique du Congo depuis les années 1990 a été ouvert le 7 novembre dernier à Nairobi, au Kenya. Ces assises placées sous les auspices du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ban Ki Moon, voit la présence du président congolais, Joseph Kabila, et de son homologue rwandais, Paul Kagame, récemment accusé par Kinshasa de soutenir la rébellion de Laurent Nkunda dans la région frontalière du Nord Kivu. Les acteurs de la crise congolaise sont réunis dans la capitale kényane depuis le 7 novembre sous la tutelle de l’Organisation des Nations Unies pour tenter de trouver une issue à la guerre civile qui ravage l’est de la République démocratique du Congo depuis le début des années 1990. Face à la menace d’un désastre humanitaire, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, entend amener les acteurs du conflit à trouver les moyens de prévenir les dommages humains et les retombées économiques et sociales qui mettraient en péril les populations de cette région du pays, dont plusieurs dizaines de milliers ont déjà fui les conflits armés et survivent dans une situation très précaire. Les travaux ont été ouverts dans un hôtel à la périphérie de la capitale kényane par des entretiens bilatéraux entre les participants, avant l’ouverture d’une séance plénière au cours de laquelle le secrétaire général de l’ONU a tenté une médiation entre les différentes parties.
Le président congolais, Jospeh Kabila, son homologue rwandais, Paul Kagame, ainsi que plusieurs autres chefs d'Etat africains, prennent part à ce sommet convoqué d'urgence face à la grave détérioration depuis quelques semaines de la situation humanitaire et militaire dans la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda. Les organisateurs des assises n’ont pas précisé si les présidents congolais et rwandais devaient avoir des entretiens directs. La tension était monté entre les deux chefs d’Etats après que Kinshasa ait accusé Kigali de soutenir et d’appuyer militairement la rébellion de Laurent Nkunda dans l’est de la RDC. Le Conseil nationale pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, qui avait estimé que ce sommet était inutile, a encire infligé le 6 novembre un nouveau revers majeur à l'armée de la RDC en s'emparant d'une nouvelle localité de l'est du pays. Le porte-parole du président Kabila, Kudura Kasongo, avait accusé avant l’ouverture des assises de Nairobi les rebelles de Laurent Nkunda d'avoir commis des «tueries» dans le Kivu et dénoncé l'inaction de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) face à ces exactions. «Il y a des tueries de commises et apparemment la MONUC n'a rien fait», a affirmé le porte-parole de Joseph Kabila le 7 novembre. Les casques bleus des Nations Unies ont par ailleurs annoncé le 5 novembre qu’ils avaient reçu l’ordre de s'opposer par la force à toute tentative d'incursion des rebelles dans la ville de Goma, la capitale provinciale du Nord Kivu, qui cristallise depuis quelques semaines les combats entre les forces armées de RDC (FARDC) et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) qui ont clairement annoncé leur volonté de prendre la capitale provinciale par les armes. Kadura Kasongo a également réitéré ses accusations au Rwanda d'être impliqué dans le conflit dans le Kivu, en demandant que «le Rwanda cesse d'intervenir dans le problème congolais. Le Rwanda est impliqué dans les violences actuelles». L’organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé le 6 novembre les rebelles de Laurent Nkunda et les miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï d'avoir «délibérément» tué des civils lors de combats dans le Kivu. La MONUC s'est dite «extrêmement préoccupée» par des rapports qui «concernent des exactions graves contre des civils, y compris des exécutions sommaires» qui auraient été perpétrées par les rebelles à Kiwanja, une autre localité de l'Est. «Les Casques bleus de l'ONU dans l'est de la RDC sont tout simplement incapables de protéger des civils qui sont délibérément visés», a déploré HRW. Le 4 novembre, des milliers de civils ont fui les divers fronts. De nombreux déplacés par les derniers combats sont entrés dans Goma, où la situation semblait néanmoins calme le 5 novembre. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 20 000 personnes avaient déjà fui lundi lors de l'attaque rebelle de Kibumba vers des camps de déplacés. Le diplomate en chef de l'Union européenne (UE) Javier Solana s'était dit «extrêmement préoccupé par la détérioration de la situation au Nord-Kivu». Le Conseil de sécurité avait examiné le 4 novembre une requête urgente de renforcement en hommes et matériel de la MONUC qui porteraient sur environ 6 000 Casques bleus sur les 17000 constituant la force engagée contre la rébellion dans le Nord-Kivu. Gaboneco |