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L'Elysée dialogue avec l'Angola pour soutenir Joseph Kabila Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Alors que les Européens ont décidé de ne pas envoyer de troupes en République démocratique du Congo (RDC), préférant s'en remettre à la force de l'ONU présente sur le terrain, l'Elysée a relancé au début de cette crise ses contacts avec l'Angola. Un pays qui était intervenu militairement dans les années 1990 au Congo, et avec lequel Nicolas Sarkozy s'est employé à nouer cette année une relation de coopération. Paris a par ailleurs exprimé un "soutien total" au président congolais Joseph Kabila.

La France a-t-elle suggéré que l'Angola envoie en RDC des éléments armés pour porter secours au pouvoir de M. Kabila, ainsi que ce dernier en a formulé le souhait ? "Les Angolais ont dit qu'ils étaient prêts à le faire, mais ce n'est pas à nous de les encourager. Si les Nations unies le demandent, pourquoi pas ?", commentait, voici quelques jours, un responsable diplomatique français. Depuis les années 1990, "l'Angola est un acteur vigilant auprès de Kinshasa", ajoutait-il.

POSITION DÉLICATE

 

Lors de la guerre de 1998-2002, l'Angola avait dépêché des troupes en RDC, où étaient également impliqués le Rwanda et l'Ouganda. La guerre se régionalisait, dans un scénario que beaucoup redoutent aujourd'hui. Alors que les combats ont repris, des informations, difficiles à vérifier, font actuellement état de la présence sur le terrain de soldats venus d'Angola. Le pouvoir angolais n'a pas fait de commentaire à ce sujet.

Alors que les rebelles congolais tutsis étaient aux portes de la ville de Goma, M. Sarkozy avait téléphoné le 31 octobre au président angolais, Eduardo Dos Santos, pour évoquer la situation en RDC. Ils ont, selon un communiqué de l'Elysée "partagé la même analyse de la crise" et "apporté un plein soutien politique et diplomatique" à M. Kabila. Lors de sa visite en Angola en mai, M. Sarkozy avait rendu hommage au rôle joué par l'Angola en RDC par le passé.

La crise en RDC place la France, pays exerçant la présidence de l'Union européenne, dans une position délicate. Tout en mobilisant sa diplomatie, et en accroissant son aide humanitaire, Paris ne peut pas se permettre d'envoyer des troupes dans la région, constatent de nombreux diplomates et experts. Les capacités de médiation françaises seraient en outre relatives. Cela tient à la "connotation pro-Kabila et anti-Kagamé (président rwandais)" que "porte la France", dit un diplomate, en allusion notamment aux accusations portées contre Paris à propos de son rôle lors du génocide rwandais de 1994.

C'est pour contourner ce problème d'image et de positionnement que, lors de sa récente tournée dans ces régions d'Afrique, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, était accompagné de son homologue britannique, David Miliband. Le Royaume-Uni a tissé avec le Rwanda une relation étroite depuis le génocide.

Face aux faiblesses conjuguées de la mission de l'ONU en RDC (Monuc) et de l'armée congolaise, l'Elysée semble ouvert à l'idée que l'Angola puisse peser dans l'équation militaire. Bernard Kouchner semble beaucoup moins convaincu. Son entourage met en garde contre l'entrée en jeu de forces "qui compliqueraient la situation", ajoutant que "moins on régionalise, mieux ce sera".

Natalie Nougayrède
 
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