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Au moment où la guerre dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) menace de s'étendre ; alors que la mission de l'ONU déployée dans le pays est frappée de paralysie, et que l'initiative européenne d'y envoyer une force semble gelée, deux semaines d'intense activité diplomatique internationale aboutissent à l'organisation, vendredi 7 novembre, d'un sommet à Nairobi, au Kenya. Il se tiendra en présence du secrétaire général des Nations unies, Ban-Ki-moon, de plusieurs chefs d'Etat de la région, de représentants occidentaux, mais surtout des présidents congolais, Joseph Kabila, et rwandais, Paul Kagamé. L'objectif est de tenter de placer ces deux hommes face à leurs responsabilités dans l'appui qu'ils apportent à plusieurs groupes armés supplétifs afin de mettre fin à l'escalade des combats dans l'est du Congo entre les forces loyalistes congolaises et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda.
Pour avoir une chance de briser la mécanique de l'escalade militaire qui pourrait aboutir à une nouvelle guerre transfrontalière, Fabienne Hara, vice-présidente de l'organisation International Crisis Group, estime que "le sommet doit réaffirmer qu'il n'y a pas de solution strictement militaire au conflit et (...) mettre les vrais litiges [entre le Congo et le Rwanda] sur la table : commerce entre les deux pays, exploitation conjointe des ressources naturelles, accès à la terre, intégration pacifique d'une partie des populations rwandaises au Congo." Une tâche immense, hors de portée d'une réunion au cours de laquelle devraient surtout avoir lieu des rencontres bilatérales entre chefs d'Etat. En reconnaissant toutefois que le conflit implique au premier chef Kinshasa et Kigali, les organisateurs du sommet de Nairobi ouvrent peut-être la voie à un règlement général. Le cadre des négociations, jusqu'ici, avait surtout traité de questions plus locales. ABSENCE DE BONNE VOLONTÉ Le temps commence à manquer et l'absence de bonne volonté des belligérants est manifeste. Jeudi, le CNDP a pris Nyanzale et Kikuku, deux villes au nord de sa zone qui ouvrent la porte vers le reste du nord-est de la RDC. Des informations non confirmées faisaient aussi état de mouvements rebelles vers le sud. "Notre intention n'est pas de prendre des territoires, mais de dire au gouvernement qu'il faut négocier", se défendait le porte-parole du CNDP, Bertrand Bisimwa. Les rebelles exigent des négociations directes avec le pouvoir central, qui s'y refuse, en insistant sur l'existence d'un accord signé en janvier par vingt-deux groupes armés du Nord-Kivu, zone de conflit actuelle, pour rester dans le cadre de cette discussion. Le CNDP a donc rejeté par avance toute éventualité de voir le sommet de Nairobi résoudre la crise. "Nous n'attendons rien de cette réunion, il ne va rien en sortir. Il y a déjà eu beaucoup de conférences du même genre", ajoute M. Bisimwa. Il rejoint en cela Paul Kagamé, qui a fréquemment manifesté de l'irritation face au recours systématique à des sommets en cas de crises graves. Des canaux de négociation existent entre Kigali et Kinshasa, notamment grâce à la médiation du général congolais John Numbi. Encore faudrait-il que les deux capitales aient la moindre intention de trouver une solution à leurs différends. Jean-Philippe Rémy |