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Bernard Kouchner dénonce "un massacre" sans précédent en Afrique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Alors que la situation est extrêmement tendue dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), Bernard Kouchner se rend vendredi à Goma. Accompagné par son homologue britannique des Affaires étrangères David Miliband, il va d'abord atterrir à Kinshasa, avant de rejoindre la capitale du Nord-Kivu. Les deux hommes projettent de se rendre ensuite à Kigali, capitale du Rwanda, que les autorités congolaises accusent de soutenir militairement les troupes rebelles de Laurent Nkunda. Ils sont accompagnés par Alain Joyandet, secrétaire d'État à la Coopération. Dans le même temps, Nicolas Sarkozy réitère "son plein soutien au président" congolais Joseph Kabila et demande à ce que la mission de l'Onu "assure la sécurité des populations" déplacées et réfugiées, "conformément à son mandat".

"C'est un massacre comme il n'y en a probablement jamais eu en Afrique qui est en train de se dérouler presque sous nos yeux, avec plus d'un million de réfugiés, avec des attaques très précises, des mutilations sexuelles qui font partie des actes élémentaires de la guerre dans cet endroit", a déclaré Bernard Kouchner sur Europe 1, avant de prendre l'avion. "Il n'est pas question de laisser ça se perpétrer. (...) Nous tenterons à Kinshasa, à Goma et à Kigali de renouer les contacts, qui n'ont jamais été complètement rompus d'ailleurs et d'établir d'abord peut-être un apaisement, et ensuite, de nous diriger, les uns et les autres, vers des pourparlers de paix."

"La mission (franco-britannique) partira avec plusieurs objectifs : le premier, c'est de porter un message politique très clair de l'Europe pour demander effectivement que la situation se stabilise et que politiquement les différents acteurs acceptent de se parler plus avant", explique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Éric Chevallier. Le second, c'est de faire un point sur la situation des populations civiles. L'Europe a décidé d'ajouter une contribution importante aux efforts humanitaires pour la zone de Goma. Troisièmement, il s'agit d'évaluer la situation sécuritaire", poursuit-il, réaffirmant le soutien de l'Union européenne à la force des Nations unies sur place, la Monuc.

L'UE discute de l'envoi d'un contingent militaire à vocation humanitaire


Cette visite intervient au moment où les pays de l'UE ont décidé vendredi de donner la priorité à la diplomatie pour régler la crise dans l'est de la République démocratique du Congo. Repoussant l'idée d'envoyer une force militaire européenne, comme l'avaient proposé la France et la Belgique. Goma, ville principale de l'est du Congo et objectif du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, est le théâtre d'une recrudescence des affrontements depuis fin août. En début de semaine, la rébellion, qui se trouve aux portes de Goma, a pris le dessus sur les troupes régulières, avant de proclamer un cessez-le-feu unilatéral mercredi.

Les combats ont jeté sur les routes des dizaines de milliers de réfugiés, selon les organisations humanitaires. "Plusieurs camps de personnes déplacées près de la ville de Rutshuru dans le Nord-Kivu, à 90 kilomètres au nord de Goma, ont été vidés par la force, pillés et brûlés (...) par les troupes rebelles" de Laurent Nkunda, précise le porte-parole du haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR), Ron Redmond. "Nous sommes extrêmement préoccupés par le sort de quelque 50.000 personnes déplacées qui vivaient dans ces camps, dont les sites de Dumez, Nyongera et Kasasa, administrés par le HCR", ajoute-t-il. Mercredi, le HCR avait annoncé qu'un autre camp de déplacés, celui de Kibati, situé à une dizaine de kilomètres de Goma, avait été abandonné par ses quelque 45.000 habitants, qui ont fui l'avancée des forces rebelles sur la ville.

Quelque 220.000 personnes ont été déplacées depuis la reprise des combats dans l'est de la RDC en août, portant à plus d'un million le nombre total de déplacés. Les guerres de 1996-1997 et de 1998-2003 ont commencé dans les deux provinces du Kivu, la dernière ayant fait au moins 300.000 morts directs et plus de trois millions de victimes indirectes (violences, famine, maladies).

Le Point

 
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