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Plus d'1,6 millions de déplacés "pris au piège" en RDC Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Le ministre français des Affaires étrangères et son homologue britannique David Miliband ont été reçus samedi soir par le président rwandais Paul Kagame dans le cadre des efforts pour mettre un terme au conflit dans l'est de la République démocratique du Congo voisin. Car il y a urgence : le ministre des Affaires étrangères britannique a affirmé dimanche que "plus de 1,6 million de déplacés" étaient "pris au piège de la crise" et sans accès à une aide humanitaire. La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme a dénoncé de son côté des "violations graves et massives des droits de l'Homme".

Les affrontements dans la province du Nord-Kivu, située à l'Est de la République démocratique du Congo, qui opposent depuis fin août les rebelles de Laurent Nkunda à l'armée congolaise "s'accompagnent de violations graves et massives des droits de l'Homme constitutives de crimes internationaux réprimés par la CPI", avait affirmé la Fédération internationale des droits de l'Homme samedi. Situation humanitaire dramatique confirmée dimanche par le ministre des Affaires étrangères britannique, David Miliband, qui a assuré dimanche que "plus de 1,6 million de déplacés" étaient "pris au piège de la crise" et sans accès à une aide humanitaire. "Il y a une menace d'épidémies de maladies transmissibles et de malnutrition dans la zone", a-t-il ajouté.

Face à cette urgence humanitaire, l'Union européenne ne ménage pas ses efforts diplomatiques. Les chefs de la diplomatie britannique et française sont arrivés samedi matin à Kinshasa, où ils ont rencontré le président Joseph Kabila. "Le thème clé de notre discussion a été le besoin d'appliquer les accords qui ont déjà été conclus, et qui impliquent la responsabilité de toutes les parties", a déclaré David Miliband à la presse, après un entretien d'une heure trente avec Joseph Kabila. "Nous n'avons pas à redéfinir le protocole de paix (...). Ca a déjà été fait", a complété Bernard Kouchner. Les deux ministres faisaient référence à l'accord conclu en novembre 2007 entre la RDC et le Rwanda pour le rapatriement dans ce pays des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui opèrent dans l'est de la RDC, frontalier du Rwanda. Cet accord est depuis resté presque lettre morte. Les deux ministres faisaient aussi référence à l'accord de paix de Goma conclu en janvier 2008 selon lequel tous les groupes armés qui opèrent dans la région des Kivu, située dans l'est de la RDC, s'engageaient à un cessez-le-feu et à une démobilisation des combattants. Cet accord n'a toujours pas été appliqué.

Le ministre français des Affaires étrangères et son homologue britannique ont ensuite été reçus samedi soir par le président rwandais Paul Kagame. Selon une source de la présidence, les deux ministres sont arrivés dans la soirée et les entretiens (avec le président) viennent de commencer". MM. Kouchner et Miliband devaient demander le soutien du chef de l'Etat rwandais à une trêve en vigueur depuis quelques jours proclamée par les forces rebelles du général déchu Laurent Nkunda aux portes de la capitale de la province du Nord-Kivu, Ngoma, après une campagne militaire contre l'armée régulière de la RDC.

Les présidents congolais et rwandais ont accepté vendredi, sous la pression internationale, de participer à un sommet sur la crise dans l'est de la RDC. C'est ce qu'a annoncé Louis Michel vendredi soir en quittant Kinshasaµ. Le sommet aura lieu à Nairobi, sous l'égide de l'ONU. L'organisation d'une telle réunion butait jusque-là sur le refus de Paul Kagame, qui affirmait que le conflit était une affaire intérieure congolaise.

Après des jours de combats entre armée régulière congolaise et rebelles, Goma a connu vendredi une accalmie même si la tension persistait avec les hommes du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda à ses portes. Des dizaines de milliers de déplacés, chassés de chez eux par les combats, ont été jetés sur les routes et la "situation reste clairement extrêmement dangereuse", selon l'ONU. "Plusieurs camps de personnes déplacées" près de Rutshuru, à 90 km au nord de Goma, "ont été vidés par la force, pillés et brûlés", a dénoncé le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), "extrêmement préoccupé" par les sort des quelque 50.000 habitants de ces sites. Des exactions, selon le HCR, ont été commises "par les troupes rebelles" de Laurent Nkunda. Ces derniers jours à Goma "la plupart des pillages ont été commis par des soldats appartenant aux forces gouvernementales", a de son côté accusé la Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navanethem Pillay, dénonçant "des viols et meurtres".

Europe 1

 
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