Le site de Benilubero vient de mettre à notre disposition une déclaration de guerre signée par la communauté dite Rwandophone de Rutshuru. (Lire l’article : Rutshuru: Les Rwandais déclarent la guerre aux Nande du 28 novembre 2009) Cette déclaration ne souffre d’aucune ambiguïté. Ses signataires demandent aux leurs mixés et brassés dans les FARDC de se retirer et exigent que ceux qui sont dans les pays voisins de les rejoindre car, pensent-ils, l’union fait la force. Ils disent qu’ils déclarent cette guerre contre « les tribalistes » Nande. Bon sang ! Encore une fois, « ces Rwandophones » reconduisent l’argument tribal (et ethnique) pour justifier la poursuite d’une guerre dont le nerf s’est révélé être le pillage des richesses du sol et du sous-sol congolais par les transnationales et la balkanisation de notre pays au profit de « ces tueurs tutsi ». En d’autres termes, « ces Rwandophones » disent clairement qu’ils veulent parachever leur œuvre : occuper l’est du Congo en le dépeuplant par une guerre qu’ils veulent mener sans aucune négociation. Leur usage de l’argument tribal et/ou ethnique fait partie de cette idéologie de la culpabilisation (et de la criminalisation) de ceux qui sont tués sur leur propre sol. Pourquoi refusent-ils toute négociation ? Ils se justifient : « Nous avons adressé un mémorandum au Président Kabila Kabange pour l’informer du mauvais comportement de ce peuple Nande à Rutshuru mais il fait sourd oreille (sic) jusqu’à présent. » Et comme pour « la communauté Rwandophone de Rutshuru » les Maï Maï Nande soutiennent le gouvernement de Kinshasa, elle veut lui faire la guerre.
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Dans la lettre ouverte qu’il a adressée au président américain Barack Obama ainsi qu’à son homologue Joseph Kabila, l’avocat congolais Firmin Yangambi Libote, arrêté fin septembre avec trois autres personnes (Eric Kikunda, Benjamin Olangi et le colonel Elia Lokundo) - sous la fallacieuse inculpation de «tentative de mouvement insurrectionnel», affirme avoir été torturé physiquement et psychologiquement. Il en de même de ses camarades de cellule. «Des multiples coups violents sur les organes les plus sensibles du corps humain, explique-t-il. Des torsions des organes génitaux à l’aide des pinces métalliques. Des coups de feu à balles réelles (…), tirés juste au-dessus de nos têtes». Des agissements indignes de la part des forces de sécurité d’un Etat qui se dit «démocratique». Un Etat «libéré» d’un régime dictatorial.
C’est ça la réalité que vivent les Congolais dans les lieux carcéraux. Et dire que lors des travaux de la Conférence nationale souveraine (1991-1992) et tout récemment à l’occasion des négociations politiques de Sun City (2002), les acteurs politiques et les activistes de la société civile ont fait le serment solennel : «Plus jamais ça!». Plus jamais un pouvoir politique inique.
On ne le dira jamais assez que les représentants des forces politiques et sociales avaient pris l’engagement d’œuvrer pour l’avènement d’un ordre politique nouveau. Un ordre politique qui place l’homme au commencement et à la fin de toute action de l’Etat. Un tel ordre politique pouvait-il naître par génération spontanée ? Assurément pas. Il aurait fallu que les hommes mettent en place des mécanismes nécessaires permettant au pouvoir d’arrêter le pouvoir. A défaut, il n’y a point d’Etat impartial. C’est-à-dire un Etat qui assure à chacun et à tous une égale protection devant la loi.
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Quand la guerre d’agression menée contre notre pays éclate, ses initiateurs poursuivent deux objectifs majeurs : ouvrir le Congo à l’économie mondialisée de la prédation et redessiner la carte de l’Afrique centrale pour le néocoloniser en créant de l’espace à leurs alliés Ougandais, Rwandais et Burundais. Contrairement aux apparences et aux beaux discours, ces deux objectifs demeurent. Africom pourrait participer de leur réalisation. En douceur !
Une relecture attentive de notre histoire immédiate nous enseigne que parmi les initiateurs de cette guerre se trouvent « les amis » luttant pour la relance de la CGPL, le RCD se rebellant pour que Minembwe devienne un territoire réservé aux « Banyamulenge », certains gouvernants actuels s’inscrivant dans la logique de l’organisation des élections sans recensement et sans carte d’identité, etc.
Tenez. Au moment où l’Europe se choisit un Président et que les autres grands blocs asiatiques et latino-américains se consolident pour faire face aux multiples crises de notre temps, il serait incompréhensible que les pays africains optent pour la logique de la division. Faire de l’intégration régionale ne peut être que souhaitable. |
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