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Quand l’Ambassadeur du Congo (RD) à l’ONU réagissant à la publication du rapport du HCDH écrit : « Les victimes congolaises méritent justice. Elles méritent que leurs voix soient entendues. Pendant longtemps celles-ci furent étouffées. J’espère sincèrement que cette fois-ci, elles le seront, non seulement par nous leurs dirigeants, mais également par la communauté internationale dans son ensemble. Comme tous les congolais, je souhaite vivement cette justice pour tous ces crimes et je n’épargnerais aucun effort afin d’apporter ma modeste contribution aux efforts de reconstruction de mon pays sur la base du respect de la Loi. Je puis vous assurer que le Gouvernement congolais s’est déjà fermement engagé dans cette voie », il étonne.
Cette prise de position officielle est une contre-vérité. Où ce gouvernement a-t-il déposé et suivi une plainte en bonne et due forme contre le Rwanda ? N’est-ce pas ce même gouvernement qui, en lançant l’opération Umoja Wetu, s’est réconcilié avec le Rwanda et ses protégés du CNDP contre toute règle de justice en arguant qu’il optait pour la paix (sans justice) ? Et récemment, Kinshasa a milité à côté du Rwanda et d’ autres pays de la sous-région pour que le rapport du HCDH ne soit pas publié sous une forme se rapprochant de la version dont le journal Le Monde avait commenté les extraits. En allant participer à la dernière rencontre de l’Assemblée générale de l’ONU, certains gouvernants de Kinshasa ont engagé des avocats de renom, avec l’argent du contribuable congolais, pour qu’ils empêchent la publication de ce rapport. (Ils ont été logés dans un hôtel où ils ont rencontré un membre de la minorité congolaise organisée.) |
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 Le Congo démocratique a-t-il enfanté la classe politique la plus bête et la plus vénale du monde? C’est la question qui vient à l’esprit de toute personne saine de corps et d’esprit après lecture du «Livre blanc» publié par le ministère congolais des Droits humains en décembre 1998. C’est-à-dire quatre mois après la rupture fracassante entre Laurent-Désiré Kabila et ses ex-parrains rwandais et ougandais qui venaient de le faire roi.
En septembre 1996, le nouveau régime rwandais - avec le concours du Burundi de Pierre Buyoya, l’Ouganda de Yoweri Kaguta Museveni et de la «communauté internationale» - décide de «disperser» à coups de canons et de mortiers les réfugiés Hutu tant rwandais que burundais installés dans plusieurs camps dans les deux provinces du Kivu. Une solution radicale pour mettre fin aux incursions menées par des Interahamwe et autres soldats des ex-FAR (Forces armées rwandaises) sur le sol rwandais. Le territoire zaïrois était donc agressé par des armées étrangères.
Pour donner à cette agression l’apparence d’une «rébellion interne» menée prétendument par des «Tutsi banyamulenge décidés à reconquérir leur citoyenneté zaïroise», le chef d’Etat ougandais a imaginé la création d’un "mouvement de libération" dénommé «Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo» (AFDL). Le lumumbiste André Kisase Ngandu en a été le premier chef militaire avant d’être supplanté par Laurent-Désiré Kabila (LDK) et assassiné dans des conditions mystérieuses en janvier 1997. Museveni aime d’ailleurs se vanter que c’est lui qui avait introduit «LDK» auprès du général Paul Kagame, alors vice-président rwandais et ministre de la Défense. «C’est mon secrétaire particulier Innocent Bisangwa qui avait amené Kabila à Kigali», raconte-t-il dans le documentaire «L’Afrique en morceaux». |
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C’est l’accusation gravissime proférée à l’encontre du successeur de Mzee LD Kabila par un «kabiliste Mzéiste» qui a requis l’anonymat. A l’appui de sa thèse, l’homme a commencé par vitupérer contre la «réconciliation précipitée» entre Joseph Kabila et Paul Kagame «président d’un des pays agresseurs de notre pays» avant de faire parvenir à la rédaction de Congo Indépendant un exemplaire du «Livre blanc» publié en décembre 1998 par le ministère des Droits humains dirigé alors par Léonard She Okitundu. L’intitulé de cet opuscule d’une cinquantaine de pages se passe de tout commentaire : «Livre Blanc sur les violations massives des droits de l’homme et des règles de base du droit international humanitaire par les pays agresseurs (Ouganda, Rwanda , Burundi) à l’Est de la République démocratique du Congo couvrant la période du 02 août 1998 au 5 novembre 1998.» A jour «J-5» de la publication du rapport «Mapping» rédigé par des experts du Haut commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme (HCDH) sur «des graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire» commis sur le sol congolais au cours de la période allant de 1993 à 2003, l’opinion congolaise semblait divisée entre d’une part, les partisans de «la paix à n’importe quel prix» avec le Rwanda de Paul Kagame. Ici, on trouve Joseph Kabila en tête. Et de l’autre, les tenants de la thèse selon laquelle qu’ «il n’y a pas de paix durable avec les pays agresseurs de la RD Congo sans justice». Cette position est défendue non seulement par des organisations de la société civile mais aussi par une importante frange de la population congolaise. On n’est pas loin d’une grave crise de confiance entre l’opinion et un pouvoir kabiliste suspecté, à tort ou à raison, de «collaborer» à la rédaction d’un «communiqué commun» avec les pays mis sur la sellette pour «relativiser» la portée du rapport du HCDH. |
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