Le président Kabila semblait conscient de ses limites personnelles et se replie dans un mutisme protecteur. Ses sponsors et protecteurs avaient pris soin de le faire entourer d’ une garde rapprochée de supplétifs fidèles, prêts à s’ exprimer et à débattre à sa place. Les réunions de conseil de ministre, les rencontres internationales au sommet, les audiences aux personnalités extérieures et les conférences de presse étaient de sérieux pièges qu’ il a systématiquement évités. Même le débat électoral, le "face à face" avec Bemba avait été évité, malgré son obligation légale. On s’ habituait à une ombre présidentielle et à une présidence par procuration.
Sous le régime de transition de 1+4, Me Nimy avait dû démissionner du gouvernement pour avoir poussé Kabila dans les cordes. Jean Moanda Vita rapportait en janvier 2004 sur Congolite: " le ministre Roger Nimy était intervenu pour mettre en cause la compétence du président de la République, relever ses insuffisances dans la maîtrise des dossiers discutés en Conseil, et contester sa nationalité congolaise! Cette sortie verbale de Roger Nimy a fortement embarrassé les membres du gouvernement, et jeté de l’émoi dans la salle de réunion. Le président de la République pour sa part est demeuré silencieux, tandis que d’autres membres influents du Conseil s’efforçaient en vain de tempérer les ardeurs verbales de Roger Nimy." Le Phare a fait un rapport différent, mais tout aussi caractéristique: " le président de la République avait demandé que les membres du gouvernement en mission à l’intérieur du territoire national en informent le ministère de l’Intérieur. Roger Nimy, le ministre du Tourisme de la composante MLC, n’aurait pas accepté d’avoir à requérir un quelconque aval même pour se rendre dans son Bas-Congo natal. Il l’ aurait dit brutalement au chef de l’Etat, lequel, en guise de réponse, avait quitté précipitamment le conseil des ministres, visiblement fâché".
|
|
Lire la suite...
|
|
Le site de Benilubero vient de mettre à notre disposition une déclaration de guerre signée par la communauté dite Rwandophone de Rutshuru. (Lire l’article : Rutshuru: Les Rwandais déclarent la guerre aux Nande du 28 novembre 2009) Cette déclaration ne souffre d’aucune ambiguïté. Ses signataires demandent aux leurs mixés et brassés dans les FARDC de se retirer et exigent que ceux qui sont dans les pays voisins de les rejoindre car, pensent-ils, l’union fait la force. Ils disent qu’ils déclarent cette guerre contre « les tribalistes » Nande. Bon sang ! Encore une fois, « ces Rwandophones » reconduisent l’argument tribal (et ethnique) pour justifier la poursuite d’une guerre dont le nerf s’est révélé être le pillage des richesses du sol et du sous-sol congolais par les transnationales et la balkanisation de notre pays au profit de « ces tueurs tutsi ». En d’autres termes, « ces Rwandophones » disent clairement qu’ils veulent parachever leur œuvre : occuper l’est du Congo en le dépeuplant par une guerre qu’ils veulent mener sans aucune négociation. Leur usage de l’argument tribal et/ou ethnique fait partie de cette idéologie de la culpabilisation (et de la criminalisation) de ceux qui sont tués sur leur propre sol. Pourquoi refusent-ils toute négociation ? Ils se justifient : « Nous avons adressé un mémorandum au Président Kabila Kabange pour l’informer du mauvais comportement de ce peuple Nande à Rutshuru mais il fait sourd oreille (sic) jusqu’à présent. » Et comme pour « la communauté Rwandophone de Rutshuru » les Maï Maï Nande soutiennent le gouvernement de Kinshasa, elle veut lui faire la guerre.
|
|
Lire la suite...
|
|
Dans la lettre ouverte qu’il a adressée au président américain Barack Obama ainsi qu’à son homologue Joseph Kabila, l’avocat congolais Firmin Yangambi Libote, arrêté fin septembre avec trois autres personnes (Eric Kikunda, Benjamin Olangi et le colonel Elia Lokundo) - sous la fallacieuse inculpation de «tentative de mouvement insurrectionnel», affirme avoir été torturé physiquement et psychologiquement. Il en de même de ses camarades de cellule. «Des multiples coups violents sur les organes les plus sensibles du corps humain, explique-t-il. Des torsions des organes génitaux à l’aide des pinces métalliques. Des coups de feu à balles réelles (…), tirés juste au-dessus de nos têtes». Des agissements indignes de la part des forces de sécurité d’un Etat qui se dit «démocratique». Un Etat «libéré» d’un régime dictatorial.
C’est ça la réalité que vivent les Congolais dans les lieux carcéraux. Et dire que lors des travaux de la Conférence nationale souveraine (1991-1992) et tout récemment à l’occasion des négociations politiques de Sun City (2002), les acteurs politiques et les activistes de la société civile ont fait le serment solennel : «Plus jamais ça!». Plus jamais un pouvoir politique inique.
On ne le dira jamais assez que les représentants des forces politiques et sociales avaient pris l’engagement d’œuvrer pour l’avènement d’un ordre politique nouveau. Un ordre politique qui place l’homme au commencement et à la fin de toute action de l’Etat. Un tel ordre politique pouvait-il naître par génération spontanée ? Assurément pas. Il aurait fallu que les hommes mettent en place des mécanismes nécessaires permettant au pouvoir d’arrêter le pouvoir. A défaut, il n’y a point d’Etat impartial. C’est-à-dire un Etat qui assure à chacun et à tous une égale protection devant la loi.
|
|
Lire la suite...
|
|
|
|
<< Début < Précédente 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivante > Fin >>
|
| Résultats 21 - 24 sur 452 |