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"Des militaires des FARDC [Forces armées de RDC] se livrent depuis hier soir à des pillages et à des exactions contre la population civile dans la zone de Kanyabayonga", dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à 175 km au nord de Goma (la capitale du Nord-Kivu), a déclaré, mardi 11 novembre, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole de la Mission des Nation unies dans ce pays (Monuc). Les violences se sont progressivement étendues et touchent désormais les villes de Kaïna et Kirumba, plus au nord. Elles se poursuivaient, mardi à la mi-journée, a précisé le lieutenant-colonel Dietrich à Kinshasa. "CRIMES DE GUERRE" Par ailleurs, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a affirmé, mardi, qu'au moins 50 civils ont été tués la semaine dernière à Kiwanja, dans l'est du pays. Dimanche, le chef de la Monuc, Alan Doss, avait évoqué des "crimes de guerre" dans cette région. La majorité des victimes auraient été tuées par les forces rebelles de Laurent Nkunda, selon un communiqué de HRW qui demande "l'augmentation urgente" du nombre de casques bleus dans le pays. |
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Jean-Pierre Mbelu est très connu des milieux intellectuels congolais pour ses analyses fouillées et ses critiques acerbes à l’égard de la classe dirigeante. Le Potentiel l’a rencontré à Bruxelles. Face à la guerre, la gestion du pays, les enjeux internationaux… Mbelu fait sa lecture des faits. Sans ambages. Quelle analyse faites-vous de la situation critique que traverse la RDC, votre pays ? Je vous remercie pour le travail que vous abattez au sein du Groupe de presse Le Potentiel, dont les analyses sont très appréciées à travers le monde. La question revêt beaucoup d’intérêt. Notre pays est en train de traverser un moment très dur ; un moment qui demande que l’intelligentsia congolaise puisse s’asseoir autour d’une table pour débattre ensemble de la situation actuelle de notre pays. Quand en 1999, au niveau des Etats-Unis, une décision est prise pour pouvoir balkaniser ce pays, nous avions cru à une guerre qui avait été menée par Laurent-Désiré Kabila qui servait de pantin aux Rwandais, Ougandais et Burundais. Ces pays étaient impliqués dans le complot ourdi par les Anglo-saxons qui se disaient qu’après le retrait des Belges et des Français de l’Afrique centrale, il leur appartenait de pouvoir disposer de cette partie du monde. Pour la raison que le Congo regorge des matières premières stratégiques dont les grandes industries du monde, et plus particulièrement celles des Etats-Unis, ont besoin pour la fabrication de certains produits notamment des armes, des téléphones portables… Il fallait donc, à un certain moment, disposer de ce pays parce qu’il a des matières premières stratégiques. Pour pouvoir réussir ce coup, les Etats-Unis ont instrumentalisé le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Malheureusement, comme les Congolais servent de temps en temps de marionnettes, une marionnette a été trouvée : c’est Laurent-Désiré Kabila. Le choix a été fait à un moment assez crucial, où le Congo avait essayé de respirer après plus de trois décennies de dictature de Mobutu. Les stratèges de ce complot ont utilisé ce moment-là pour pouvoir se servir d’une marionnette du nom de Laurent-Désiré Kabila, l’embrigader dans une guerre dite de libération, mais qui a été en fin de compte une guerre de prédation et d’occupation du Congo par les multinationales du monde entier. |
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Depuis fin août, les hostilités entre la rébellion de Laurent Nkunda d'un côté et l'armée congolaise et ses alliés de l'autre, ont repris dans l'est de la République démocratique du Congo, en violation d'un cessez-le-feu conclu en janvier. Les rebelles sont positionnés depuis le 29 octobre à une quinzaine de kilomètres de nord de Goma, ville d'un demi-million d'habitants. Alors que les combats de ces deux derniers mois ont jeté sur les routes environ 250.000 personnes, le chef de la Mission de l'ONU en RDC, Alan Doss, accuse les deux camps de crimes de guerre dans la région de Rutshuru. "Nous avons malheureusement découvert des tueries dans la ville (de Kiwanja) et à côté, y compris des civils qui ont été ciblés par des groupes armés", a déclaré Alan Doss au cours d'une conférence de presse à Goma. Kiwanja, située à environ 80 km au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, a été le théâtre mardi d'affrontements entre rebelles et miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï, suivis le lendemain d'une "opération de ratissage" de la rébellion. Cette localité est contrôlée depuis la semaine dernière par les hommes de Laurent Nkunda. Une mission de vérification de la Monuc s'est rendue à Kiwanja vendredi : elle "a visité 11 sites de tombes communes, qui contiendraient selon les témoins 26 corps, combattants et civils", selon un communiqué de la Monuc. |
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