Une dépêche de l’agence presse associée (APA), datée 22 janvier, rapporte que «l’Union Européenne vient de consentir une enveloppe de six millions cinq cent mille USD (6.500.000) pour soutenir certains projets en faveur» des Forces armées de la RD Congo (FARDC). Cette information a été donnée par le général Jean-Paul Michel, commandant de l’EUSEC (Mission de conseil et d’assistance de l’UE en matière de réforme du secteur de la sécurité au Congo), à l’issue d’un entretien avec le ministre congolais de la Défense nationale, Charles Mwando Nsimba.
Il y a six jours, soit le 16 janvier dernier, les Congolais apprenaient, via un communiqué - revêtu de la plus belle signature de leur ministre de la Communication et des médias - que «sur instruction» de Joseph Kabila «le gouvernement de la République vient de décider une contribution de solidarité" au peuple haïtien "de 2.500.000 USD qui viennent d’être mise à disposition dans le cadre des efforts de secours mis en œuvre par le secrétariat général des Nations Unies.»
Ainsi donc le Congo dit démocratique du «raïs» est prêt à tendre la main pour recevoir une «misérable obole» de 6.500.000 USD alors qu’il vient de débourser quasiment la moitié de cette somme au titre d’«aide d’urgence» à apporter au peuple haïtien ? Comment peut-on jouer au riche bienfaiteur d’un côté tout en implorant la charité internationale de l’autre? Comment est-ce qu’un chef d’Etat peut se croire en droit d’aller au secours d’autres peuples pendant que le sien propre est loin de satisfaire ses biens les plus essentiels à savoir, boire et manger ?
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La magie de l’Internet nous permet de réentendre le discours de Patrice Emery Lumumba ayant jetée de l’huile sur le feu de ses bourreaux. Il arrive, qu’à peu près cinq décennies après sa mort, nous entendions les propos du genre : « Lumumba était un immature politique ; il lui manquait du réalisme politique ; etc. » Avec la magie de l’Internet, quand nous visualisons le passage entre le discours du Roi Baudouin et celui de Lumumba, nous nous rendons compte que ce dernier ose une parole vraie à contretemps. Il improvise un discours dont le contenu met à nu des pratiques odieuses cachées derrière le mot « civilisation ».
Oser une parole à contretemps, c’est enfreindre les règles convenues : celles qui vous confèrent un statut et une place dont vous ne devez, dans l’entendement de vos « maîtres » vous départir. Dans ce contexte, le manque de réalisme signifie le refus de la langue de bois. Un refus fondé sur un nationalisme incontrôlable et un courage « sorcier », soutiens d’une lutte ardente et idéaliste.
Oser une parole à contretemps attire toujours les foudres des « maîtres du monde ». Depuis la nuit des temps. Un Socrate, un Jésus, un Martin Luther King, un Gandhi, un Kambala ka Mudimbi, un Kataliko en ont payé le prix. Heureusement, ces « maîtres du monde » n’arrivent pas à supprimer, une fois pour toutes, la parole osée. Quand ses porteurs sont tués, elle rebondit |
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Ainsi donc Joseph Kabila est fâché contre le commissaire européen Karel De Gucht au motif que celui-ci a qualifié les autorités congolaises d’«interlocuteurs inappropriés». C’était au cours d’un débat au Parlement européen. L’irrévérencieux euro-commissaire écope de la «peine maximale» : interdiction de séjour en RD Congo. Cette décision maximaliste prive Kinshasa de la moindre marge de manœuvre pour sauver la face. Plus grave, cette mesure vient confirmer la «fragilité psychologique» dont souffrent les hommes et les femmes qui gouvernent la RD Congo. Alexis Thambwe Mwamba et Lambert Mende Omalanga, respectivement ministre des Affaires étrangères et ministre de la Communication et des médias se sont comportés dans ce dossier en vulgaires «petits soldats» obéissant aveuglement aux ordres du «raïs». Et pourtant, De Gucht n’a rien dit de neuf. L’homme est resté cohérent avec lui-même.
Depuis son entrée au gouvernement en septembre 2004 en qualité de ministre des Affaires étrangères, l’ancien président des libéraux flamands (VLD) n’a pas raté une occasion de «titiller» Joseph Kabila et le système qu’il incarne. «Je n’ai pas rencontré des hommes d’Etat au Congo», déclarait-il en octobre 2004 lors de sa première tournée en «Afrique centrale». Entendez : le Burundi, la RD Congo et le Rwanda. C’est lors de l’étape rwandaise que «Karel» a fait cette annonce tonitruante. «La Belgique donne beaucoup d’argent à votre pays et cela lui donne le droit de formuler des critiques sur votre gestion», lançait-il une année plus tard devant un Joseph Kabila médusé qui l’avait fait poireauter pendant plusieurs heures avant de le recevoir. De retour à Bruxelles, «KDG» de tonner devant les députés belges : «Le Congo est un Etat raté». Il dénonce au passage la «corruption de dirigeants». Au grand bonheur d’une opposition congolaise muselée.
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