En rédigeant l’actuelle Constitution de la RD Congo, les législateurs avaient présent à l’esprit que la «tentation totalitaire» constitue un des maux qui menacent tout détenteur du pouvoir d’Etat. Et pourquoi pas du pouvoir tout court ? Aussi, pour contrer «toute tentative de dérive dictatoriale», les législateurs avaient-ils prévu une disposition devant servir de parade. Il s’agit de l’article 64 dont le premier alinéa est stipulé comme suit : «Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.»
Dieu seul sait le nombre de fois que Joseph Kabila a violé la Loi fondamentale en vigueur. Les restrictions à la liberté de manifester ses opinions par la répression des manifestations publiques, la signature d’un accord militaire secret avec le Rwanda et le déploiement des soldats de ce pays en RD Congo sans l’avis du Parlement, la violation du principe de séparation des pouvoirs par la «décapitation» du Bureau de l’Assemblée nationale, les nominations, révocations ou mises à la retraite des magistrats du siège et du parquet au mépris de l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, l’intégration des soldats rwandais dans l’armée nationale. On pourrait citer également la décision de retirer au Premier ministre la qualité d’ordonnateur des dépenses publiques. Alors que le chef de l’Etat est politiquement irresponsable. La liste n’est pas exhaustive.
Trois faits récents confirment la volonté de Kabila de s’accrocher à tout prix au pouvoir. Et ce, en dépit d’un bilan globalement calamiteux - qui lui ôte toute légitimité - se traduisant par la dégradation constante de la situation politique, économique, sociale et sécuritaire.
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L’ex-congressiste US et envoyée spéciale de Bill Clinton dans la région de Grands Lacs, Cynthia McKinney. Photo d’archives
Jeudi 4 mars, sous le haut patronage de l’UNIR/M.N. de Frédéric Boyenga-Bofala (resté dans l’ombre), dans la salle du MOC situé sur la Rue Pletinckx 19 à Bruxelles, à partir de 18h45, les Congolais(es), les Rwandais et les Burundais venus de tous les coins de l’Europe et même du Congo (la sénatrice Eve Bazaiba et le député Clément Kanku) et certains de leurs amis occidentaux (Belges, Allemands, Français, Canadiens, etc.) ont eu un échange on ne peut plus fructueux avec le journaliste d’investigation franco-camerounais Charles Onana, avec l’ex-congressiste US, l’envoyée spéciale de Bill Clinton dans la région des Grands Lacs en 1997, Cynthia McKinney et avec l’un des dignes fils du Congo, le Professeur Emmanuel Nashi. Correspondance particulière. |
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Il a fallu un temps fou pour que plusieurs de nos compatriotes comprennent que la guerre d’agression menée contre notre pays depuis 1996 est une guerre économique. Nous l’avons souligné à plusieurs reprises : les pays qui prétendent être « les grandes puissances » et leurs multinationales se font la guerre tiède, froide, chaude, etc. pour avoir accès aux matières premières stratégiques. Celui qui en a le plus passe pour la plus grande puissance du monde.
La logique rivalitaire joue à fond dans cette guerre. Ecraser les rivaux, rendre ingouvernable notre pays en entretenant un climat de terreur et une violation systématique des traités juridiques internationaux et nationaux, tout cela contribue au pillage en règle de nos matières premières. L’affaiblissement de l’Etat ou sa non-existence, le marionnettisme et la mise sur pied du travail de prédation en réseau font partie des tactiques savamment orchestrées par « les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent » pour faire de notre espace vital un no man’s land, une jungle.
Si l’éveil de conscience sur le rôle de la guerre chez nous semble être très avancé, nous n’arrivons pas encore, dans notre immense majorité, à en tirer toutes les conséquences.
Prenons quelques cas. Nous ne pouvons pas, d’une part, affirmer que nous faisons face à une guerre économique et supporter, d’autre part, qu’il y ait dans l’un des gouvernements de notre pays les marionnettes de Kigali, plaque tournante de notre appauvrissement au profit de ses parrains occidentaux ; ou revenir sur l’importance des accords de Goma comme si la guerre qui nous est imposée était une guerre ethnique |
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