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Que peut-on attendre de la «conférence des gouverneurs de province» convoquée par Joseph Kabila du mercredi 24 au jeudi 25 juin à Kisangani? La réponse risque de se résumer en un mot à quatre lettres : Rien. L’ordonnance présidentielle N° 09/043 met, en effet, à nu la «banalité» des matières devant faire l’objet du débat. « (…) l’ordre du jour de la session comprend les matières relevant des dispositions de l’article 200 de la Constitution ainsi que des articles 6 et 13 de la Loi organique n° 08/015 du 07 octobre 2008 portant modalités d’organisation et de fonctionnement de la Conférence des gouverneurs», apprend-on. C’est tout simplement lamentable.
L’Etat en tant que pouvoir politique n’a qu’une mission fondamentale : résoudre les problèmes inhérents à la vie collective. Objectif : changer les conditions sociales de la population dans le sens de l’amélioration constante de la qualité de la vie. Il faut espérer qu’une réunion préparatoire regroupant des «experts», venus de chacune des provinces, a pu précéder cette rencontre «au sommet». Histoire de déblayer le terrain en diagnostiquant, par un inventaire sans concession, les maux dont souffre chaque Région. Dans le cas contraire, la réunion prévue à «Boyoma singa mwambe» ne sera qu’un rendez-vous mondain au cours duquel les plus hauts responsables du pays vont se livrer à leur jeu favori. Un jeu qui consiste à faire semblant d’administrer le territoire national. Le tout devant se terminer par un repas gargantuesque. |
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Dans plus ou moins une semaine, notre pays va commémorer ses 49 ans d’indépendance. Dans nos échanges sur « cet anniversaire », il y a des compatriotes qui croient que notre pays n’est pas encore indépendant. Son droit à l’autodétermination est constamment bafoué par les pouvoirs d’argent. D’autres estiment que 1960 est un premier pas vers une indépendance à toujours reconquérir. D’autres encore pensent que cette date a été cette de l’accession des Congolais à leur indépendance nominale suivie d’un long processus d’esclavage mental. A quelques exceptions près. De toutes les façons, les violons ne s’accordent plus sur ce que nous avons coutume de célébrer le 30 juin. Cela est un signe à interpréter. Plusieurs de nos compatriotes sont scandalisés fassent au spectacle d’un pays dit indépendant et dont les gouvernants, depuis 1960, servent d’autres intérêts que ceux de leurs propres populations. Aussi, la guerre d’agression que notre pays subit depuis 1996 interpelle de plus en plus une conscience collective congolaise. Un dirait que de plus en plus, des compatriotes de plus en plus nombreux Congolais que leur indépendance soit réelle. Ils ne veulent plus être dominés ; même pas par les relais des « maîtres du monde » |
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 Il ne fait plus l’ombre d’un doute : Joseph Kabila est candidat à sa propre succession. La nouvelle n’est pas encore officielle mais l’homme et son entourage n’en pensent pas moins.
Il y a quelques jours, une dépêche de la très officielle Agence congolaise de presse (ACP) rapportait qu’une association, inconnue jusque là, dénommée «Objectif 2011» avait organisé, dans une localité de la province du Kasaï oriental, un «colloque» au cours duquel la question de la réélection du «raïs» a été évoquée. Le fait que l’ACP rapporte un "événement" aussi anodin, survenu dans l’arrière-pays, confère à celui-ci le caractère d’un fait politique.
Questions : Joseph Kabila veut rempiler, pour quoi faire ? Quelle est son ambition pour le Congo démocratique ? La présence du "rais" à la tête de l’Etat après 2011 n’équivaut-il pas à condamner ce pays à l’immobilisme et à la médiocrité? Lors de l’élection présidentielle de 2006, le «raïs» avait battu campagne sur un seul thème : «L’artisan de la paix». Il sollicitait le suffrage populaire, disait-il, pour achever l’œuvre de pacification du pays. Trois années après, le bilan est désastreux. Les conditions sociales de la population ne cessent de se dégrader. L’eau potable, l’électricité, les soins de santé et l’éducation sont loin de faire partie des priorités d’un pouvoir politique qui ignore manifestement que l’homme est la finalité de l’Etat. La sécurité des personnes et des biens n’est pas assurée. |
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